Un diner en ville. Gwenaelle et Bakari sont invités chez des amis. Le jeune couple de 19 ans, déja installés ensembles et titulaires d’un bail rue grenetta (enfin, techniquement, c’est le père de Gwenaelle qui est titulaire… Il voulait se faire pardonner d’avoir trompé sa mère avec sa stagiaire… longue histoire), au grand bonheur de Bakari, menacé par ailleurs d’expulsion, et qui se contente donc largement du confort offert par le 3 pièces meublé, tous frais payés, même si ce contrat moral implique l’obligation de ramoner sa belle, malgré le manque de sex-appeal de ses poils au menton, de son nez en patate, et de sa peau grasse, sans bien sur mentionner ses ridicules accoutrements bariolés.
Ce soir, ce sont Abdel et Nguyen (appelons-la par son nom de famille, écrire un prénom de deux lettres n’ayant aucun sens) qui recoivent. En fait, c’est plutot N’guyen qui recoit, Abdel ayant décidé de lui faire cette concession dans le but inconscient qu’elle le laisse partir en Thaïlande avec ses potes. N’guyen, vietnamienne débarquée à 5 ans dans un container au port du Havre (histoire vraie) est de ces filles qui apportent la preuve vivante qu’arabe, noir, ou jaune, le bobo se cache partout. Il existe en effet des wagons d’immigrés ayant un tel problème identitaire, que le meileur moyen qu’ils ont trouvé pour enfin être pris pour des francais, (malgré leur leur vision “bridée” en 16/9ème ou leur bruits de bouche pour acquiéser, comme autant de stigmates ineffacables), c’est d’avoir eux-même une fascination pour l’immigré (pas de sa communauté bien sur), voire même, pour certains cas extrêmes, d’incarner volontairement l’exotisme que les bobos projettent sur eux, dans l’espoir de mieux pouvoir s’en détacher.
Le diner se déroule tranquillement. N’guyen a fait un colombo de poulet, dans l’espoir de faire plaisir à Bakari, sorte de “dédicace” à son “bled”, sans savoir qu’aucun africain ne mange ce truc de “mwaka”. Les discussions fusent, surtout entre les filles. Ca parle de développement durable, de sacs en plastique de supermarché qu’on devrait faire payer 5 euros (les grandes surfaces n’en demandaient pas tant), ca parle d’éducation alternative, de rassemblement alternatif, de consommation alternative (alternativement chère, oui!), et des mystères du souk de Marrakech. Abdel étant un tantinet taquin, et se faisant incroyablement chier, il se met subitement à lancer un débat sur l’identité nationale, agrémenté de blagues racistes de second degré, comme tous les gens qui ont grandi en banlieue en ont fait des millions; juste pour rigoler, sans arrière pensée, souvent en les adressant directement au représentant de la communauté concernée le plus proche.
Mais là, la réaction de Gwenaelle est des plus féroces, laissant Abdel de marbre. Avec l’aisance malsaine d’un Cohn Bendit, elle déploie instantanément une dialectique rôdée qui laisserait presque croire qu’elle tient le même discours tous les jours. “Mais merde Abdel, quoi, on ne peut quand même pas rire de tout!!!”, “Moi j’ai un ami Iranien, il te dirait qu’au contraire…”, “Ton discours s’inscrit bien dans le climat nauséabond…”, “Et bien les peuples d’Afrique sub-saharienne, figure toi que…”, “Non mais tu ne peux quand meme pas balayer d’un revers de main le fruit d’une tradition séculaire en amérique du sud, enfin!!!!”, et ainsi de suite à grand renfort de mots inutilement complexes pour cacher un désert d’argumentation, stratégie tout droit sortie de son admiration pour Bernard-Henri Levy.
Abdel laissera finalement s’éteindre la conversation, non sans avoir remarqué que Bakari, (très silencieux comme souvent quand on ne se sent à sa place nulle part, complexe du colonisé perdurant à travers les époques), s’est retenu pendant 20mn de laisser éclater un fou-rire à ce florilège de blagues sincèrement drôles et innocentes. Le soir venu, après avoir constaté que faire 2h30 de vaisselle semblait donner plus de plaisir à N’Gyuen qu’une heure passée à faire l’amour, il lui confie que pour lui, le bobo est un être ambivalent, qui, sous couvert d’ouverture, de tolérance, et de protection du plus faible, vient à censurer, baffouer, restreindre les libertés, soit les attributs habituels de régimes totalitaires. Il ajouta, pour finir sur une touche philosophique qui le fit sentir heureux et lui fit oublier que sa copine a de la moustache, que la pire des répression est celle qui vient d’une liberté de facade. Et qu’il préfère un monstre tenant un glaive dans sa main, qu’une fille de 40kg qui lui présente une blanche colombe, mais cache un poignard dans son keffieh.
Oups, les commentaires étaient fermés par erreur. Maintenant, ils sont ouverts.
Petits fascistes en puissance. On ne doit plus rien dire qui heurte, on ne doit pas se moquer des immigrés ou des basanés car ils ne comprendront pas le second degré, primaires qu’ils sont. Mais on peut se moquer des Français qui eux, esprits implicitement supérieurs et fins, comprennent l’humour et la dérision.
Dans toute cette bêtise bobo d’auto-flagellation il y a tellement de réflexes coloniaux, c’est dire la schizophrénie dans laquelle on vit : défendre à tout prix les cultures du monde mais les considérer comme de grands enfants qui ont besoin de protection. Rien n’a beaucoup changé depuis Jules Ferry.
Ça me rappelle aussi l’histoire du compte Twitter du porte-parole de l’UMP : tous les anti-sarkozystes pro-PS de merde avaient déclaré son compte comme spam afin de le faire bloquer (ce qui avait marché).
Censurer quelqu’un et le réduire au silence, tout en se clamant anti-fasciste
Un délice ce texte.
De toute façon c’est bien connu, les noirs mangent avec les pieds, les jaunes mange du chien, les arabes cohabitent très bien avec les cafards, et les blancs sont pédophiles ET alcolos.
Depuis que je suis petit je fais des blagues racistes. Plus c’est raciste, plus c’est marrant!
Et même si on le pense tous un peu, c’est ça qui est drôle… et puis au moins on passe des bonnes soirées cosmopolites!
La pire des race c’est l’humain.
L’égoi(sé)isme, ton commentaire nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Lashoz, le tient s’inscrit vraiment dans un climat des plus nauséabonds.
le premier qui dit que c’est pas marrant, il est pas marrant!
Bon, ce texte n’est pas selon moi dans le top 5 du site mais c’est toujours aussi pertinent.
Dans la série, je suis bobo (dans ce cas architecte) et j’accueille une famille de Roms chez moi (10 personnes, véridique) au frais …de l’employé français (qui lui se retrouve au chômage)
http://www.dailymotion.com/video/xetb3d_roms-un-architecte-heberge-une-fami_news?start=9#from=embed
Honnêtement, d’habitude tes billets me font rire, mais celui ci suinte la méchanceté et l’aigreur à plein nez.
La description physique des protagonistes et leurs motivations matérialistes… J’ai un peu de peine pour toi je crois, car je t’imagine déjà en train de te noyer dans ton fiel.
Le problème est surtout que l’auteur manque de talent pour faire passer son message. C’est vraiment mauvais et très mal écrit.
Uriah, si tu es choquée par la méchanceté de ce post, tu devrais en effet rapidement déguerpir, comme ton ami “au revoir” (qu’on va tous vivement regretter), car les textes postés sur ce blog sont clairement de la rigolade face à la réalité de ce que j’en pense.
Ah, enfin un nouvel article ! Merci Trucsdebobos, je me suis bien marré une fois de plus
Merci pour ce nouvelle article ! toujours aussi excellent ! On en veut encore et encore, à déguster et à savourer comme le quinoa bio commerce équitable !
Pas de commentaires particuliers. Je tenais juste à mettre l’auteur du blog au courant du genre de site qui font la promotion de son blog :
http://www.fdesouche.com/3863-temoignez
Le premier commentaire de la page ci dessus propose un lien vers votre blog. C’est d’ailleurs comme ca que je l’ai découvert.
Attention à ne pas être récupéré politiquement malgré vous… Le bobo, en plus d’être un sujet humoristique, est pour certains un ennemis juré, au même titre que le “bien-pensant-socialo-communo-droitdel’hommiste” ou le “jeune de banlieue”.
“l’obligation de ramoner sa belle, malgré le manque de sex-appeal de ses poils au menton, de son nez en patate, et de sa peau grasse,”
Je suis désolé mais la fille sur la photo ne correspond pas à cette description…
Je crois que t’as pas bien compris le commentaire.
Le but c’est pas de déguerpir, puisque je viens ici de mon propre chef… Et le but c’est pas de te dire que tu fais de la merde. Parce que sinon je viendrais pas ici te lire.
Alors à quoi servait mon message ? Te dire que certains de tes précédents textes faisaient mouche parcequ’ils proposaient une analyse pertinente, pointaient des constatations qu’on s’était tous fait à un moment où un autre en fréquentant des bobos.
Ce billet là, par contre, il présente rien. Il raconte rien. Il déverse juste du fiel… Bon courage avec ton ulcère !
@Uriah:
Ce texte est l’illustration du théorème de Dieudonné: on commence par être drôle et intelligent, puis on s’embarque dans une course à la provocation et on finit par franchir la ligne jaune.
Ce texte est bêtement méchant et à la limite du racisme. C’est dommage…