Tous les étés, les bobos se retrouvent. Souvent fatigués de leur année de travail passée à devoir faire semblant au contact de leurs ennemis idéologiques, comme les beaufs et les immigrés non assimilables, la saison estivale est celle où les bobos se retrouvent entre eux, souvent pour un périple vers l’autre, souvent aussi pour aller à la dcouverte d’autres cultures.
Chaque fin d’été, les festivals pullulent à travers le monde. Le bobo connait chaque programmation par cœur, chaque année. Pire encore, chaque groupe de bobo établit plus ou moins la même liste des festivals prioritaires, sans même se consulter. Une sorte de “the places to be” pour tout bobo qui se respecte. Voyons les éléments qui composent cette liste:
- Aspect géographique: Le bobo privilégie souvent le festival non éloigné de son lieu de villégiature. Or, le lieu de villégiature du bobo étant lui même fonction de son niveau d’exotisme et de sa propension à lui délivrer les stéréotypes qu’il attend (marrakech, agadir, essaouira, dakar…), les festivals qui se déroulent dans ces villes auront un avantage de fait sur les autres. Pour le bobo financièrement à sec (traduction, le bobo qui, voulant crédibiliser le dénuement de son apparence -les trous dans son falzar-, refuse les 300 euros d’argent de poche hebdomadaire que propose Jean-Louis, le papa ingénieur -qui cherche aussi par là à diminuer ses impôts sur le revenu), le festival visé sera si possible en rase campagne, en camping, là où maintenir une hygiène acceptable est compliqué. Mais l’objectif n’est pas champêtre. Ces efforts sont consentis par le bobo pour qu’il puisse atteindre son but: raconter son périple et l’agrémenter de la phrase magique “ouais c’était à la roots quoi“.
- Aspect musical: Pour le bobo, être à un festival, c’est plusieurs choses: communier avec la population locale (bonjour monsieur, un couscous s’il vous plait!), partager une même passion (“ouais allez carrément, passe moi le joint Jean-Charles!“), s’ouvrir aux autres (“ouais excuse moi, tu sais pas ou on peut trouver du bon teuchi par ici? Ah t’en vend! Génial mec!! Combien? 300 euros les 2 grammes? trop cool je prend mec! t’assures!”), mais aussi et surtout, découvrir des musiques extotiques et nouvelles. La programmation du bobo sera ainsi composée d’une bonne couche de rébellion (qu’on mesure souvent par la propension du chanteur a rester pied nus sur scène), genre Manu Chao ou Yanick Noah, un côté “poète exilé”, version “noir gentil” et si possible “ragga”, genre Tiken Jah Fakoly, et une bonne dose de musique pseudo-envoutante, genre DJ Shadow, High Tone, les Puppetmastaz, avec évidemment plusieurs points de bonus accordés au musiques d’ailleurs, peu connues, envoutantes, et chantées pied nus, genre festival Gnaoua d’Essaouira.
- Public: Comme dans la vie, le bobo qui va à un festival a un goût modéré pour le risque. Pour éviter de risquer le vol des 754 euros que lui a laissé son père en liquide, le bobo préférera les festivals fréquentés soit par des gens comme lui, soit par de gentils autochtones. Par effet inverse, il évitera soigneusement des festivals sponsorisés par Ni pute ni soumise où se cotoient rappeurs de bas étage, raï de supermarché, en plein milieu de Garges-les-Gonnesses, même si l’apparition de Grand Corps Malade et de Souad Massi les avaient enchantés à la première lecture du flyer.
Si vous vous retrouvez à l’un de ces festivals, adoptez une attitude de circonstance:
- si vous êtes d’origine immigrée, habillez vous d’une tenue traditionnelle, et souriez à foison. Munissez vous éventuellement de shit pour faire la plus value de votre vie,
- si vous êtes francais, enfilez votre plus belle veste militaire ornant le drapeau de l’allemagne, le but étant d’attirer à vous les bobos. si vous avez un nombre suffisant d’anecdotes à raconter vous mettant en scène dans une ambiance “a la roots” a “fumer des bédos” et “siffler des binouzes”, vous aurez surement droit à quelques sandwiches merguez gratuits.

seraient-ils prêt à dormir sous la tente ? ils n’ont pas peur de passer pour des scouts ? c’est un risque à prendre.
Il y a quelques coquilles.
Il ne faut tout de même pas en rajouter. Il reste encore des festivaliers alcoolo no-life pures. Ceux là en général se foutent de la prog, repèrent les stands saucisses bibines et sentent mauvais dès le premier midi. Les autres font la queue aux douches du camping du festival… Ou est mon lance flamme?
Pas mal.
Et jolie coup de pub pour le site dans…Télérama (!) cette semaine!
sérieux? lol
je vais l’acheter pr la premiere fois de ma vie alors…
sauf si qq un aurait la bonté de me le scanner, ce qui m’éviterait un affront terrible…
Télérama de cette semaine, rubrique Internet:
http://www.telerama.fr/techno/internet,32905.php
Merci à toi L’Homme pressé!
Note: on appréciera l’encart à coté “Les festivals de l’été: le guide Télérama”
Ach! Donnerwetter!
“souvent pour un périple vers l’autre”
Lorsque que l’hon parle te l’Autre en tant qu’intifidu ou groupe kulturel extra-okcident-hal, Autre s’écrit touchours afec hune majusc-hule!
Verstanden?!
félicitations pour cet article, vraiment !
c’est le début de la gloire ça…
j’adoreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee les bobos, surtout les mamans bobos qui détachent chaque syllabe, quand elles expliquent à théo (36 mois) que ” ma_man re-viens dans trois- heu-res à l’heu-re des ma-mans re-cher-cher théo!!” théo habillé en cotonade equitable recyclable qui respecte l’environnement:)))))))))))))))))))))))))
J’aimais beaucoup Vincent Delerme. Mais le must c’est d’aller dans un troquet du 19è voir un concert de Mm Chong. Parce que connaitre le 19è c’est aussi s’ouvrir l’esprit.
Une bobo.
Et pour ceux qui ont la flemme d’aller jusqu’à la place des fêtes, il reste le bar resto laounge “Mère Lachaise” à … Père Lachaise, pour une ambiance décontractée, souriante, ou les enfant jouent joyeusement sur leur trotinette, profitant du troittoir de 9m50 agrandi par Delanoe pour réduire les places de stationnement, des enfants blonds et parfaits rappellés à l’ordre des fois par leurs parents: “Eglantine!! Qu’est ce qu’il t’as dit Papa? Il faut rouler doucement, comme Papa fait sur l’autoroute! Viens donc à la table, Batéfili nous raconte son expérience bouleversante d’agriculteur au Congo!”
Arf, y’a marqué “immigrés non assimilables”, j’appelle immédiatement SOS Racisme, la Halde et le MRAP.
Vous êtes foutu mon vieux.
Vous devriez faire parolier des fatals picard, c’est de la même veine, très bon.
Ce n’est qu’un combat, continuons le début!
les bobos il aime mangez des couscous dans des grands chaudrons
http://fermegabert.wordpress.com/
A notez aussi le coup de pub sur le site de “Le Monde”. Rubrique Technologie
magnifique, autant de sponsors prestigieux, trucs-de-bobos. bravo.
euh…et moi quand je vais en teuf avec mes potes et qu’on s’arrache la tête avec tout ce qui vient, devant 10kw de son, euh..vous croyez que c’est une attitude bobo..? Vous pensez que je reproduis ce qui me semble être trop cool chez les autres?? Oh non!!! Comment en suis-je arrivé là?? Je suis un bobo…argh!!! Eh ben c’est décidé aujourdhui j’arrête les teufs (fini l’attitude ouais c’est trop cool les free, et pareil pour les festoches bien sur), la fume de chichon et autres, le sexe genre film romantique (c’est bien un truc de bobo ça le romantisme, ptaing on va se la jouer barbare, cool! et faudra bien que ma copine comprenne, j’ai bien réussi à ouvrir les yeux sur notre errance moi..marre du romantisme bobo!! zob!), le tri de mes déchets (je vais tout aller jeter dans la rivière près de chez moi, ça déchire, c’est vrai quoi, font chier avec leur respect de l’environnement ces bobos..), j’arrete également de penser à ceux qui crèvent la dalle quand je jette la fin de mon entrecôte (c’est ma mère qui va pas être contente après m’avoir rabaché 1000fois ce genre de chose qd j’étais petit, mais justement j’appelle ça de l’esclavage mental de bobo moi, non? si ils veulent une entrecôte, z’ont qu’à se demmerder à en trouver une, c’est vrai quoi, celle-là c’est la mienne, j’en fais ce que je veux)..Hummmm..je sens déjà que ma vie de fainéasse égocentrique va être réjouissante, quel bonheur!
Ce post ne mérite que d’être deleted. Y’en a qui veulent décidemment pas comprendre.
bon il est tres marrant ce blog ( decouvert apres lecture de l’article du monde ) !
et le thé mariage frere et les disques Putumayo c’est pour bientot j’espere !
écoute loseuse je vois pas ce que tu as a reprocher a jeff premier du nom?
en lisant les articles c’est exactement ce que je me suis dit.
quoiquoiquoi? chui un bobo alors? moi qui croyait etre qq1 de bien qu’on appréciait pour son sens de l’écoute?!
et je croyait faire vivre des artistes et des collectifs quand j’allais les voir en concert! mais en fait non je voulait juste avoir ma dose de boboisme paske j’ai de l’argent a jeter par les fenetres vu que mes parents riches de leurs smic respectifs me donner 200€ d’argent de poche!
bon en tout cas, note pour l’auteur:
j’aime bien ske tu fais, tes articles m’ont bien fait rire! huhu ^^
@ unautrejeff :
Je n’ai rien à lui reprocher, au 1er Jeff (qui aurait pu prendre sa défense tout seul)…
Je dis juste qu’il n’a pas compris le propos. Trier ses déchets ne fait pas de lui un bobo ou un connard.
Aller en concert ne fait pas de vous un bobo ou un connard, peut-être juste quelqu’un qui a envie d’entendre quelqu’un d’autre jouer de la musique.
Moi ce qui me dérange chez les bobos (les vrais, les bourgeois-bohèmes), c’est l’hypocrisie. On se pose comme un contre-establishment par opposition à la bourgeoisie, en assimilant soit-disant des valeurs bohèmes, alors qu’on n’est au mieux qu’un concurrent, au pire qu’un jumeau de la bourgeoisie, en version plus perverse et hypocrite.
Les bobos n’ont de bohème que le nom, ils vont acheter du café équitable quand par ailleurs ils font (ou laissent) crever de faim la planète entière car ils sont tout sauf libéraux (citez moi un pays “riche” qui n’ait ni barrière commerciale, ni droit de douane, ni subventions étatiques… Mais ce sont les premiers, notamment par le biais du FMI ou de la IBRD (là où travaillent les papas des bobos) qui contraignent les pays “pauvres” à jouer les règles du free trade pour mieux les entuber).
Après ceux qui reprennent les codes des bobos, ce ne sont que des followers, pour le plus grand bien des poches déjà bien garnies de la bourgeoisie et des capitalistes, cette nouvelle noblesse. Tant mieux ou tant pis pour eux, je m’en fous.
Pendant ce temps-là, les classes moyennes, ouvrières et pauvres continuent de crever la dalle, ici-même en France, sans que personne ne s’en soucie parce que c’est plus important de protéger l’environnement (putain, c’est le monde qu’on lègue à nos enfants là! Vite un Boeing pour aller faire une émission écolo au fin fond de l’Amazonie!) en implantant des Vélib’ à Paris.
C’est bien beau de se soucier de l’environnement, encore fallait-il y penser avant de le polluer (les “écologistes”, les vrais, tirent la sonnette d’alarme depuis le début du XXe siècle, faudrait qu’on pense à se déboucher les oreilles non?)… ah mais sauf que ce sont les pollueurs qui développent en même temps des entreprises environnementales (type Suez, Véolia…) qui vont aller nous vendre des panneaux solaires pendant qu’elles vident les sous-sols des pays “pauvres”, qui ont autrement plus de problèmes environnementaux que nous (allez voir la vie sur et sous une plateforme pétrolière offshore), alors qu’ils sont les moins pollueurs (mais ce seront les premiers touchés par les bouleversements climatiques par contre, quelle chance pour Bouygues et consorts, comme quoi il y a une justice hein?…).
Bref, je suis pas l’auteur du blog, je vais pas non plus faire tout le boulot.
John The Savage, alias La Loseuse.
aka unautrejeff
@loseuse
c pas question de ne pas se défendre tout seul c’est que dans ce qu’il a dit j’ai vu une partie de ma vérité et ca me blesse de la meme facon depuis un certain temps, pas pour les free et le tabassage de neurones mais le fait que quel que soit la bonne résolution que je prends depuis que jme suis rendu compte de tout ca y’a un peu plus d’un an, y’a toujours quelqu’un pour me dire que ca sert a rien de toute facon paske une personne seule ne fait pas la différence, ou bien que c’est la nouvelle mode d’etre gauchiste mais que ca veut dire qu’on est qu’un con moutonneux comme les autres paskon marche dans les pas de ceux qui nous controllent.
de toute facon peu importe ce qu’on pense y’aura qq1 pour l’avoir imaginé avant alors on est jamais seul a croire une idée mais le problème se de savoir se différencier des autres
@ jedounet :
Vous savez, je vous comprends, enfin j’espère. Mais vous qui pensez qu’ensemble (à défaut de tout seul) on peut changer le monde, je vous conseille deux livres : “In dubious battle” et “Animal farm” (je ne connais pas les titres français). Je sais, la vraie vie n’est pas dans les livres (quoi que), mais ces auteurs sont loin d’être cons.
Pour moi s’il y a une chose qui est immuable, c’est qu’on ne peut pas changer l’ordre des choses, ni individuellement, ni collectivement. Les empires naissent, croissent, prospèrent et déclinent, on ne peut pas sauter d’étape, en tout cas ça ne s’est pas encore vu dans l’Histoire de l’Homme.
Les bonnes résolutions et les révolutions ne servent à rien, car ne débouchent que sur un nouveau système d’oppression (et ce souvent parce que les opprimés ne sont généralement que des tyrans en puissance… et en sommeil).
Une autre chose qui va vous déprimer sûrement : les castes dominantes sont toujours plus ou moins les mêmes selon les systèmes, et feront tout pour préserver leur pouvoir sur les masses, quitte à récupérer et détourner à leur profit des idées somme toute très bonnes dans l’absolu (comme trier ses déchets).
Mais bon, ça ne reste que ce que c’est : on met en avant la panacée ou le placebo pour éviter le traitement de cheval, qui aboutirait à l’éradication de ces parasites suceurs de sang. Du genre “Oui, le bonus-malus sur les voitures est un bon point pour l’environnement” alors qu’on est sponsorisé par Total et Elf.
Il y a beaucoup de gens qui se sentent visés ici, c’est normal, ce blog décortique les us et coutumes des bobos sans décrire au préalable ce qu’est un bobo (pour ce faire une idée, il faut plutôt lire certains comments…).
Les bobos sont une partie très restreinte de la population, peu de chance qu’aucun d’entre nous soit un bobo donc pas de quoi se sentir visé.
Moi, et je le reconnais, je fais partie de la race des connards individualistes qui trient leurs déchets quand ça leur chante et qui sont plus occupés à trouver de quoi payer leur loyer (surtout quand ils touchent pas les Assedic, ces flemmards qui se lèvent pas tôt).
Je regarde le monde se déliter sans lever le petit doigt, pas envie d’entrer dans la Brotherhood merci bien. Je fais partie de ces pessimistes déclinistes égoïstes pour qui le monde est merdique, mais qui font finalement moins de mal que le jeune gars du XVIe qui se vante d’acheter du coton 100% pur bolivien-whatever, pour n’engraisser qu’un intermédiaire de plus, pendant que ledit paysan doit abandonner ses terres parce qu’il ne peut faire face aux dettes qu’il a accumulé face auxdits intermédiaires, ni à l’agriculteur français subventionné par la PAC et soutenu par les amis politiques des bobos, et parce qu’il s’est flingué les reins à cause du désherbant Mosanto, qui permet à des millions d’employés américains de payer leur loyer (quoi que, maintenant…).
L’important c’est pas dans quel camp on est, parce que ça n’a aucune importance, c’est d’être honnête avec soi-même.
mon héros
(i’ve always thought geek is gender neutral)
Is it personnal, jedounet?
I don’t mind to be called geek, though you don’t seem to know what “geek” exactly means then, but gender neutral?? Does anyone here have a doubt about my feminity???
Think what you think, and let me think what I think but come ooon, curse? Nothing better as an argument?
since you seem to know what you talk about i use the term geek as i use it for each people on the web who talk with interest.
un geek c un passionné, tu peux etre passionné par ce que tu veux par exemple notre amis l’auteur est passionné de critique il aime tellement ca qu’il a créé son site pour que nous aussi on puisse le critiquer ^^
i don’t know what you say about “its personal” or not. i wasn’t talking about your feminity, that was just a joke.
Ok Jedounet.
En tant que geek je suis tellement passionnée que j’en oublie de vivre avec mon temps. Non en fait, je pensais que vous me traitiez de geek par rapport à mon alias John the Savage. Donc j’ai compris le geek (le faux sauvage) qui côtoie le freak (l’homme-monstre) dans les foires ambulantes, et non dans son sens plus récent.
Par contre pour revenir au XIXe siècle, ça fait un bon bout de temps que “geek” est devenu gender neutral.
Sinon si je cite des auteurs ou des bouquins, c’est pas parce que je vis hors du monde, dans l’univers de mes auteurs préférés, mais simplement parce que c’est plus simple et plus pratique (et rapide) de citer que de perdre 10.000 lignes à exprimer une idée que d’autres ont développée bien avant (et bien mieux que) moi.
Sinon je ne suis pas spécialement fan de festivals, mais bon je suis pas contre non plus. Je ne vois pas pourquoi les non-bobos se sentent visés quand on décrit le comportement des bobos, simplement parce qu’ils partagent de temps en tant les mêmes idées ou activités. Ça fait partie de la mascarade du bobo c’est tout, et puis apparemment ce blog se veut humoriste et léger (ce que je déplore personnellement!
).
* de temps en temps (sorry)
Comment as-tu pu omettre de citer Björk, l’épouvantable couineuse islandaise, icône musicale absolue des bobos ? c’est impardonnable, à moins que tu n’aies prévu de lui consacrer la rubrique complète qu’elle mérite….
@ 26 Loseuse :
100% d’accord avec tout ton comment et une mention spéciale pour la dernière phrase : “L’important c’est pas dans quel camp on est, parce que ça n’a aucune importance, c’est d’être honnête avec soi-même.”
Tu es une personne d’un type trop rare par les temps qui courent. Pour paraphraser une réplique d’une film célèbre, tu trouveras sûrement lequel: “Je trouve que le monde est plus intéressant si tu en fais partie”.
Merci pour ce petit texte, il est toujours agréable de découvrir que l’on est pas si isolé qu’on ne croit.
@ Numéro 6 :
Ah j’avoue, après relecture, que j’étais plutôt inspirée! : D Après c’est mon opinion, je ne prétends pas détenir une vérité universelle, et je ne veux pas déprimer les gens mais bon en général j’ai du mal à comprendre que les gens puissent être optimistes face à ce qui nous entoure..
Heu, par contre, je ne vois pas à quel film vous faites allusion!…
J’ai un problème avec la fin du texte
“si vous êtes d’origine immigrée [...]
si vous êtes français”
Ben moi, je suis d’origine immigrée et française.
Il y a même des gens, comme mon père, qui sont immigrés et français. L’auteur du blog n’a visiblement jamais entendu parler de la naturalisation, ni du droit du sol.
L’expression “origine immigrée” ne veut d’ailleurs pas dire grand-chose… Est-ce qu’on considère que les enfants des immigrés sont d’origine immigrée ? Et les petits-enfants ? Les arrières-petits-enfants ? Où est la limite ?
La France ne fait officiellement pas de différence entre ses citoyens, quelle que soit leur origine ou celle de leurs parents et c’est heureux.
Bref, à l’avenir, évitez les confusions entre la nationalité française, le concept flou d’”origine”, et l’immigration… cela dévoile surtout une idéologie assez nauséabonde chez vous.
Ma chère Alice, si vous voulez oublier d’où vous venez et reniez votre identité pour plaire à la France, tel est votre choix, libre aux autres d’avoir leur propre rapport à leur passé.
Pour votre information, renier qui on est pour s’intégrer dans un moule n’est pas de la naturalisation mais de l’assimilation.
Ce qui est nauséabond, c’est que l’idéologie dominante vous ait, en plus de vous purger le cerveau au karcher et faire sans doute de vous de la basse viande moutonniere consumériste, vider votre ame au point que vous paraissez incapable de regarder en votre intérieur, de peur de ne pas passer inapercu.
Je ne peux avoir de respect pour les gens vides.
Svp, ne revenez pas ici.
Trop tard, je suis déjà revenue, au moins pour lire votre réponse.
Je crois qu’il n’est pas très utile de m’insulter, ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. C’est toujours un peu étonnant, mais ce sont souvent les petits marrants (malgré tout, vos textes sont souvent drôles) qui sont en réalité les plus violents et les plus agressifs.
Vous avez visiblement un petit problème avec le mot naturalisation. C’est un terme juridique qui signifie que l’on acquiert la nationalité française. Cela n’a rien à voir avec l’assimilation qui est une notion sociale.
Enfin, bref, je ne renie nullement ce que je suis. Je suis Française, née en France de parents français, élevée en français (je ne parle que cette langue couramment), et dans une culture majoritairement française… J’ai la chance d’avoir des parents et des grands-parents qui m’ont toujours beaucoup parlé de leurs origines, de leurs vies parfois assez exceptionnelles aux “identités nationales” floues (mon grand-père, né en 1916 en Moselle allemande, est devenu français à la victoire française en 18, puis redevenu allemand en 40 pour redevenir français à la libération… de quoi faire réfléchir sur la nationalité…) et qui ont participé à la construction de mon identité. En plus de ça, mon identité s’est construite, comme tout le monde, au fil de mes rencontres, de mes lectures, de mes apprentissages divers.
Bref, l’identité culturelle d’une personne est beaucoup plus complexe que ce que vous essayez de faire croire, et ne se résume nullement à son identité nationale.
La mienne est résolument française. Je parle français (si vous vous intéressez un peu à l’ethnologie, vous devez savoir que le marqueur des peuples est leur langue), j’adhère complètement aux valeurs françaises républicaines d’universalisme, de laïcité et d’égalité.
C’est ce que je suis. Je n’ai jamais été autre chose, et essayer de me faire croire l’inverse relève de la supercherie (sans compter la très haute prétention que vous avez de savoir mieux que moi ce que je suis)
J’ai certainement mieux compris que vous ce qu’était la France… la France est un pays de tradition universaliste et assimiliationniste. A ce sujet, lire l’excellent Destin des immigrés d’Emmanuel Todd.
Pour combler vos lacunes dans la connaissance de l’immigration, de l’intégration et des questions relatives à l’identité nationale, je vous conseille la lecture de Gérard Noiriel, qui est le spécialiste de ces problématiques, et notamment Le Creuset français, Paris, 2006, Seuil.
Je passe sur votre réflexion sur les “moutons”, qui fait très adolescent en crise qui cherche à se distinguer de tous ces conformistes, tu vois, quoi.
Une dernière chose : tous les lecteurs de ces commentaires auront noté, je pense, à quel point vous êtes ouvert au débat et à la critique, et tolérant à l’égard des idées différentes des vôtres. (voir votre “svp ne revenez pas ici”)
Remarquez que chez les “identitaires”, l’ouverture d’esprit n’a jamais été une marque de fabrique. ^^
Oui, ils semblent assez intolérants à la critique, mais je crois qu’au fond, ils aiment juste qu’on les pousse dans leurs retranchements! ^^
La Loseuse.
@alice
Figurez vous que derrière vos belles paroles et votre pseudo ouverture d’esprit, vous etes bien de nous deux la plus rétrograde.
De un, je crois que vous vous trompez sur ma personne. Un identitaire? Ou avez vous vu ca? Je n’ai pas à remonter à 1918 pour trouver des origines étrangères. Je suis né de parents algériens naturalisés dans les années 70. Mais, premier constat, contrairement à vous, je n’utilise pas cet argument à tort et à travers pour me poser en expert de quelque chose dont je ne suis pas.
Votre argumentation se tient à du mondialisme universaliste, qui n’a jamais été propre à la france (ce que vous appelez passé mondialiste je l’appelle passé colonial, mais dans le mot mondialiste vous occultez la notion de violence et d’annexions systématiques, ce qui résume bien la vision typique de bobo). Ce mondialisme universaliste a pour crédo de faire passer tous les gens des pays occidentaux qui utilisent l’immigration comme d’un réservoir de main d’oeuvre dans des périodes de croissance (comme mes parents, mais pas comme les votres) pour des frères, un seul et même peuple sans différence qui sourie de bonheur sous la même bannière.
La vérité, c’est que votre universalisme fantasmé est la définition même du bobo, et que derrière votre libertarisme victimaire, il y a une vérité moins reluisante: Le bobo est la caution humanitaire du capitalisme financier, de la misère sociale dont le mondialisme que vous défendez est l’élement fondateur. Des peuples formatés à être heureux lorsque des immigrés gentils et travailleurs arrivent dans leur quartier, alors meme que l’état les naturalise sur ordre du MEDEF, qui avait besoin de pressuriser les salaires a la baisse dans une branche.
Vous voyez, cela je l’ai compris non pas car je suis anti immigration, mais simplement qu’apres avoir fait venir mes parents qui étaient tres bien la ou ils étaient, pour faire baisser les salaires des immigrés italiens et portugais qui étaient là avant eux, j’ai vu leur propre salaire systématiquement amoindri par les vagues d’immigration suivantes alors que ces memes vagues étaient applaudies par les organisations patronales. Alors derrière la bonne conscience de la gauche et les manifestations merguez du PC, bonne parole que vous relayiez tellement bien qu’on parierait sur un emploi de journaliste à l’humanité, option prof de philo pour le coté donneuse de lecon, on voit qu’il y a un projet politique bien plus préoccupant, et qu’au dela de votre universalisme américanisant, mon humanisme et mon amour de l’etre humain me pousse à me méfier et pour les francais, et pour les immigrés de demain.
Alors quand je vois des gens comme vous, qui cachent leur lobotomie exercée par des décennies d’apprentissage de la parole dominante (cf votre “idéologie assez nauséabonde”, que vous avez du reprendre d’un de ces tenants de la bonne parole que vous devez dévorer sur votre télé), je me dis que vous etes une chance pour le systeme. Une chance car non seulement vous n’avez pas l’intelligence politique de comprendre ce qui vous entoure (et devriez relire trois fois la bibliographie d’Emmanuel Todt comme punition pour l’avoir assimilé à vos betises), mais en plus vous agissez comme cette police de la pensée, qui se permet de catégoriser des gens et les placer sous la menace absolue, celle de “l’idéologie nauéabonde”.
Franchement, produisez autre chose qu’une idéologie victimaire rabachée à longueur de journée dans les media, apprenez à donner à votre discours une portée économico sociale (et pas discours de bistrot + détail sociétal, agrémenté de 3 références de livres copiés d’amazon.fr), et l’etre humain que je suis pourra vous accorder plus de crédit. Quand au respect, commencez par l’apprendre vous meme avec vos catégorisations hatives et votre compréhension tronquée des gens, et ensuite vous vous poserez en droit d’en recevoir.
Vous aviez raison, la looseuse, quand on force un peu, on arrive à avoir de vrais arguments cachés derrière les sarcasmes !
1 – A propos du terme identitaire, là encore, vous avez un problème de définition. Le communautarisme identitaire n’est pas l’apanage des “Français de souche” comme on dit. Les indigène de la République font pas mal dans le genre, aussi.
2 – Je n’ai pas utilisé l’argument de mes origines (dont l’”étrangeté” ne remonte pas à 1918, vous n’avez pas bien suivi) pour me poser en expert, mais en exemple. Au cas où vous l’auriez oublié, j’ai réagi au départ parce que vous faisiez la distinction entre “Français” et “personne d’origine immigrée” comme si on ne pouvait pas être l’un et l’autre. Donc, je reprends :
Un immigré est quelqu’un qui a quitté son pays pour s’installer dans un autre, en l’occurrence la France.
Un Français est quelqu’un qui a la nationalité française.
Un immigré peut acquérir la nationalité française : c’est la naturalisation.
Un immigré peut donc être Français. (exemples : vos parents, mon père)
Mais vous avez raison, quand on commence à raconter sa vie, il ne faut pas s’étonner de voir ensuite n’importe qui croire qu’il nous connait et qu’il peut émettre des jugements de valeur sur nous. Mais d’un autre côté, c’est très jouissif de voir que votre contradicteur ne parvient pas à vous cerner malgré ses nombreuses hypothèses (bobo, journaliste à l’Huma, prof de philo… j’ai l’impression de vivre plusieurs vies ^^)
3 – C’est vous qui employez le mot “mondialiste”, que je n’ai jamais utilisé pour ma part. La France a une ambition universaliste depuis la Révolution française. Evidemment, c’est cette ambition qui a poussé à la conquête révolutionnaire, et plus récemment et plus dramatiquement, à la colonisation, personne ne dit le contraire.
4 – Que le patronat joue sur les différences “ethniques” (entre autres !) pour booster la concurrence entre les salariés, les diviser et faire pression sur les salaires, ce n’est vraiment pas une nouveauté et personne n’a dit le contraire non plus. Que vous tombiez dans ce piège idéologique au lieu de constater que tous les prolétaires (pardon, ça fait un peu marxiste, c’est mon côté journaliste à l’Huma qui remonte ^^, disons plutôt les “travailleurs”) ont les mêmes intérêts de classe, c’est votre problème. Mais ne vous étonnez pas, alors, de continuer à vous faire entuber indéfiniment par le Medef.
5 – “Universalisme américanisant”… grosse antithèse. La société américaine n’est pas du tout “universaliste”, elle est au contraire fondée sur la croyance en des différences irréductibles entre les personnes. Ce n’est pas une société assimilationniste mais communautariste, ce qui explique par exemple le très faible taux de métissage (2% de femmes noires mariées à des hommes d’une autre communauté).
Je crois que vous avez parfaitement conscience des différences, de ce point de vue, entre la société américaine et française, puisque, vous le dites vous-même sur votre page d’accueil, quand la société américaine divise en ethnies, la société française fait des distinctions sociales. Désolée d’insister, mais Emmanuel Todd l’explique de façon très claire dans Le destin des immigrés, où il fait l’analyse comparative des modèles d’intégration français, étatsunien, anglais et allemand, en partant de l’étude des structures familiales. Il oppose le modèle universaliste français aux modèles différentialistes. Pour lui, c’est l’éloge de la différence des années quatre-vingt (voir le rôle de SOS-Racisme) qui a rendu plus difficile l’assimilation des nouveaux immigrés et favorisé le vote Front national.
C’est passionnant, vous devriez vraiment le lire, puisque vous avez l’air de vous intéresser à ce sujet (et puisque vous semblez apprécier Emmanuel Todd)
5/ L’universalisme américanisant: alors le fait que de Rabat à Moscou, de Varsovie à Manchester on ait la même (non-) culture, les mêmes vêtements, les mêmes habitudes, les mêmes passions, les mêmes films, les mêmes tendances sociétales (hausse du célibat, travail des femmes, hausse des divorces), et de manière plus pragmatique, que l’idéologie dominante soit la même, comme les politiques économiques et les cycles (on le voit bien en ce moment), ce n’est pas assez pour vous rendre compte que les Etats Unis ont toujours eu un projet politique assimilationiste et universaliste? Ce n’est pas parce qu’on créé des communauté qu’on n’est pas dangereusement mondialiste. La communauté est un outil de politique intérieur (repris d’ailleurs par Sarkozy) qui ne sert qu’à diviser pour mieux regner, et créer des scissions la ou il ne devrait pas en avoir (substituer la scission femme/homme ou homo/hétéro la où la seule considération valable serait riche/pauvre).
Pour le reste, votre vision de la France vous appartient. On ne peut pas avoir le même rapport à la nation quand une partie de sa famille s’est fait décimer par l’armée francaise sur un territoire colonisé, que quand on a des ancetres qui se sont battus pour elle (ce que vous n’avez peut etre pas, c’est un exemple). Mais penser que l’assimilation est la seule solution pour une intégration heureuse est une grande betise à mon sens. Vous demandez à des gens d’oublier d’ou ils viennent alors que 90% des atitudes à leur égard est conditionné par ce fait.
Comme dirait un célèbre philosphe de ma connaissance “Ta couleur, tu peux l’enlever de ta tête, tu l’enlèves pas de ta face”.
Mondialisme n’est pas universalisme !
Quand je parle d’universalisme, il s’agit de l’universalisme républicain, qui prône des valeurs universelles (liberté, égalité) devant s’appliquer à tous les humains. L’universalisme n’implique nullement une uniformisation des comportements. D’ailleurs (et Todd en parle aussi -il faut que j’arrête d’en parler, on va croire que je suis payée pour faire sa pub), la France, malgré sa vocation universelle, connait de grandes différences culturelles régionales, bien plus importantes que les Etats-Unis qui ont pourtant une politique de promotion de la différence.
Vous ne pouvez pas tout mélanger comme ça. L’impérialisme, ce n’est pas l’internationalisme, ce n’est pas l’universalisme !
[C'est un détail, mais "se battre pour la France", c'est toujours hypocrite. Vous savez ce qu'on dit "Quand les riches décident de faire la guerre, ce sont les pauvres qui meurent"... alors "mort pour la France"... belle connerie !]
Oui, je crois en l’assimilation. Je ne demande à personne d’oublier d’où il vient. On ne peut pas oublier d’où on vient. Je ne demande rien à personne, en fait, l’assimilation se fait toute seule. Il suffit de regarder les statistiques (voir les travaux de Ralph Schor, par exemple) : les enfants d’immigrés parlent rarement la langue de leurs parents, ils se marient majoritairement avec des Français, etc.
Et surtout, contrairement au discours de l’extrême-droite, les immigrés des vagues récentes (venant principalement du Maghreb, d’Afrique et du Portugal) s’intègrent aussi bien que ceux des vagues précédentes (Italie, Espagne, Pologne) qui d’ailleurs avaient connu les mêmes réactions xénophobes (cf. massacre d’Aigues-Mortes, 1893).
Mais je crois que votre vision de l’assimilation est biaisée. On peut être un immigré parfaitement assimilé sans couper les ponts avec son pays et sa culture d’origine.
En revanche, avoir des revendications communautaires, c’est effectivement faire le jeu de l’extrême-droite, qui, finalement, a le même discours sur les immigrés “inassimilables” parce que “ces gens-là ne sont pas comme nous”. L’éloge de la différence angélique des 80’s a été désastreuse de ce point de vue. Sans compter que, comme vous le dites, la seule distinction valable, c’est la différence de classe (ou de richesse, si vous préférez)
Un dernier point : pour vous, le bobo est universaliste et prône l’assimilation. Que nenni ! Le bobo qui a la quarantaine fait partie de la génération morale, il a troqué le militantisme politique de ses parents soixante-huitard contre un humanitarisme bon teint. Il a participé aux manifs de SOS-Racisme avec la petite main jaune qui demandait aux méchants de “ne pas toucher à son pote”. Il fait l’éloge de la différence, qui fait une belle France multiculturelle (ce qui implique en réalité une séparation communautaire). Il cultive les clichés sur les immigrés et leurs enfants, et il aimerait bien avoir un ou une ami(e) musulman(e) pour fêter l’Aïd en mangeant des cornes de gazelle et, surtout, raconter cette fantastiques soirée (les maghrébins sont tellement accueillants, tu vois) à ses autres amis bobos.
J’ai franchement tout essayé pour être en accord avec vos opinions. L’écouter en buvant du thé, en me mettant la gueule dans le seau placé sous ma gouttière recueillant l’eau de pluie, en compagnie d’un roux, à quatre pattes, en faisant le poirier, après avoir baisé, après avoir lu une thèse sur l’influence de l’ion K+ dans le déclenchement du potentiel d’action et ses conséquences sur la contraction musculaire des Anoures d’Europe du Nord, le matin, l’après-midi, le soir, sous L.S.D, sous coke, sous marijuana, et que sais-je encore.
Impossible ! Que tu ris, que tu pleures, que tu bailles, que tu pisses, que tu chies, rien y fait. Chaque audition s’est systématiquement transformée en séance de torture.
Désolé, Sylvie, mais je crains une nouvelle fois d’affirmer que :
Vincent Delerm chante vraiment comme une merde.