Quand le bobo se lève le matin, il rêve de deux choses : qu’il reste des vélib’ de libre juste en bas, entre la rue Amelot et la rue des Filles du Calvaire ; et d’être un jour ami avec un noir.
Cette obsession commence assez jeune chez le bobo, et s’amplifie à travers les années. Mais il n’est pas au bout de ses peines : avoir un ami noir va lui prendre plusieurs années de travail acharné. Ainsi, lors de ses premières tentatives, la bobo adolescente essaira de se prendre d’amour pour Djibril, l’homme violent du fond de classe. Djibril est nerveux, impatient, n’aime pas les cours mais aime les petites françaises, « des chattes à percer » comme il dit. Manon, elle, trouve Djibril plein de mystères, et finira donc par sortir avec. Une sortie qui se limitera à un truc pas très catholique dans un endroit assez glauque. Mais alors qu’elle se prend de passion pour lui, elle déchante vite quand elle s’apercoit dès le lendemain qu’elle est la risée de tout le lycée où des vidéos circulent déjà. Sa réputation est faite, et elle finira son année de terminale dans l’anonymat où elle l’avait commencé, reclue et rejetée, incomprise dans sa recherche d’amour de l’exotique.
Plus tard, alors que les dreadlocks ne choquent même plus ses grands parents, Manon poursuit sa quête du Saint Graal. Bien sûr, elle ne veut plus faire de choses sordides avec les noirs, puisqu’elle est désormais “en concubinage” avec “son compagnon” Thierry, qu’elle a rencontré au sommet alter-mondialiste, à Doha (il était venu l’aider, alors qu’elle s’était attachée à un poteau avec un foulard palestinien). Ils ont désormais un appart’ rue de Lappes, et adorent observer la diversité depuis leur balcon. Cet idylle est délicieuse, mais tous les deux ont un souhait bien caché en eux: ils rêvent sans se le dire de compter parmi leur cercle des amis noirs. Mais comment ne pas se méfier alors meme que Thierry a passé l’essentiel de sa vie à se faire frapper violemment par des noirs, et que Manon a été traumatisée à vie par son expérience avec Djibril ?
La réponse est à la télé : les noirs gentils. Des noirs gentils, il y en a plein à la télé. Ils s’appellent Yannick Noah, Harry Roselmack, Anthony Kavanagh, ou encore Omar Sy (de Omar et Fred). La spécificité du noir gentil c’est qu’il est cool, plutôt beau gosse, et surtout qu’il sourit facilement, avec des dents très blanches. Parce que c’est ca les africains après tout : des gens qui ne se prennent pas la tete et vivent leur vie sans se soucier du lendemain. Le noir gentil rassure, et également dans sa façon de parler: En effet, le noir gentil parle comme un français. Un moyen simple pour les repérer ? Les personnes de plus de 60 ans les comprennent et les adorent (faites l’expérience avec Djibril, pour voir la différence).
Une fois la cible identifiée, Manon et Thierry se demandent où en trouver. Cette problématique vitale en tête, Thierry décide de fumer un joint en rentrant de sa journée harassante en association pour un projet de construction d’un puit au Niger, histoire d’exprimer son désaccord avec la société tout en paraissant cool à sa fenetre. C’est le moment où il réalisa que la réponse était en face de lui, là, depuis son balcon: les noirs gentils sont dans leur rue, dans un des bars tendance de Bastilles, pour un concours de Slam. Ils s’y réfugient en effet par dizaines, en débarquant de leur loft de Montmartre, pour y lire le texte qu’ils ont récemment écrit. Un texte poignant sur l’afrique, et sur la traite négrière, inspiré évidemment du vécu de leurs ainés et …. de Wikipédia. Les noirs gentils sont malins, et à l’image de Yannick Noah qui fait ses concerts pieds nus, ils savent parfaitement donner au bobo ce dont il a besoin pour gagner leur pain. Et ca marche. Les visages sont émus, les applaudissements chaleureux, la foule en délire est sous le charme, comme notre couple de bobos de Bastille : c’est le début d’une superbe histoire d’amitié.
Une fois le contact scellé, et l’inoffensivité du noir attestée, nos bobos l’intégrerons dans l’ensemble de leurs activités sociales (tables rondes d’associations de quartier, expositions d’artistes alternatifs, bières en terrasse chez Josette, choix des poivrons bio au marché d’Alligre, etc.). Ils s’agit ici pour eux de crédibiliser ce qu’ils sont auprès de leurs amis, et montrer qu’être social et engagé ce n’est pas que dans les paroles : c’est aussi dans les actes.
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire si vous êtes noir : souriez, articulez exagérément quand vous parlez, poussez votre accent français aussi (pour cela, essayez d’imiter Thomas N’Gigol). De temps en temps, faites une petite imitation du noir boubou, façon os dans le nez et homme des cavernes. Vous pourrez vous inspirer de « Saga Africa » de Yannick Noah, ou de l’émission quotidienne d’Omar Sy, qui fait cela a merveille. Dans les soirées (où vous mettrez de temps en temps une Djellabah, voire une tenue traditionnelle malienne), n’hésitez surtout pas à danser le zouk et le collé serré auprès des demoiselles bobos de l’assistance, même si vous ne savez pas ce que vous faites (elles non plus de toutes facons). Enfin, pour illustrer de longues tirades votre vécu d’africain fraichement débarqué sur le sol français, réservez vite un billet d’avion pour Dakar, ou, à défaut d’argent, lisez des encyclopédies complètes sur l’Afrique et les nombreux reportages diffusés sur les chaines de bobos, la cinquième et Arte. En faisant cela, vous pourrez vite arrêter de travailler tant les bobos seront généreux avec vous. Vous êtes pour eux une valeur inestimable, vous crédibilisez ce qu’ils ont choisi d’être, et serez donc donc rétribué à la hauteur de ce trésor qu’ils ont cherché toute leur vie.

Et surtout, quand on vous demande votre origine (c’est-à-dire dans la deuxième réplique de votre interlocuteur après le “sava man ?!”) NE SURTOUT PAS DIRE QUE VOUS ETES NE EN FRANCE vous perdriez à jamais l’estime du bobo qui verrait en vous un être machiavélique qui se joue de lui (pour le bobo, le Noir doit être un bon faire-valoir et pas un adversaire… et ne doit pas être né en France).
Là, toutes les origines sont bonnes à donner tant qu’elle ne sont pas européennes (ou à la limite du Sud de l’Europe). Le métissage étant LA clé de votre réussite à Boboland. Un mix gwada-galsen étant bien, kamer-berrichon étant totalement à proscrire et le must restant le mix entre un pays d’Afrique et un d’Amérique (Canada exclus), la présence de gènes brésilien étant le top du top, ce qui fera de vous un danseur hors pair hors et sur les terrains de foot synthétiques.
Moi, j’adore Rihanna. ça fait de moi un potentiel bobo ?
Depuis le temps qu’on essaie ma compagne et moi, j’espère que nous ne resterons pas des beaufs pour toujours…
Plein d’humour, frappant de vérité… Surtout sur l’inoffensivité du noir.
Ca fait réfléchir sur notre identité.
Je remarque d’ailleur, que les noirs représentés dans les pubs, ont souvent un coté exotique exagéré (read lock, mimétisme caricaturale…)
Avez vous déjà vu une pub d’un noir en chef d’entreprise, ou tout autre symbole de pouvoir?
Bon pour ma part, je fuis complétement tout les signes qui peuvent me cataloguer, mais reste qu’un noir se distinguera toujours par:
son aisance dans la danse (un déhanché à faire fissuré le dentier de mémé…)
un rire exagéré incontrolé
et hum hum…
Par contre Harry est un noir lisse aseptisé au karcher de sarkozy…
Omar sy est le nouveau Smaïn, celui qui conforte les blancs dans leur supposé supériorité raciale et l’infériorité de la race noir…
Nous autres anthropologues nous préférons les amis amérindiens, ça en jette. Je peux afficher en plus mon amitié pour des prêtresses de candomblé, qui dit mieux ?
bof…
on eu droit à mieux…
Non j’ai trouvé ça génial, c’est le premier post que j’ai lu, il ya maintenant un mois, et on attend toujours la suite !
Ah ah Ticoco
et quand on est mi Algérie mi Nigeria, peut-on être accepté dans le cercle des bobos?
C’est vrai que les bobos adoooorent les métisses. Quand j’étais môme, les parents de mes copains de classe s’extasiaient toujours sur la beauté et la richesse qui découle du métissage.
Moi je savais bien que le métissage est la résultante d’un viol collectif d’une population féminine d’une contrée vaincue par les envahisseurs mâles pour dénaturer leur identité nationale (oups ma langue a fourché).
D’ailleurs depuis un certains temps, les bébés métisses prolifèrent à Paris, ça ne m’étonneraient pas qu’ils soient issus de parents bobos, comme ça la boucle serait bouclée.
A quand le volume II d’on n’est pas des chiffons au fait?
>>> Avez vous déjà vu une pub d’un noir en chef d’entreprise, ou tout autre symbole de pouvoir?
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Oui, dans les pubs de Bloomberg Television : des Noirs en costard ou en chemise-cravate, exerçant sans nul doute une fonction de cadre de haut niveau (en tout cas… ils travaillaient sur un ordinateur portable). Et ils avaient besoin de Bloomberg Television pour s’informer, bien sûr.
Venue d’un milieu rural, étudiante en journalisme, je suis une bobo en herbe… et je me reconnais dans le personnage de Manon ado (je ne suis pas très précoce!!!). Sauf qu’il s’appelait Karim et n’a pas fait de vidéos (à vérifier).
Mais ma parole, ce blog devient coté!!
Un jour alors que nous marchions le cœur léger sur les quais de scène en chantant de la musique sauvage, l’auteur de ce blog m’a dit :
” Une sphère rouge tri-dimensionnelle dotée d’une excroissance verte n’est rien d’autre qu’une tomate”.
Il m’a fallu un quart d’heure pour détendre mes abdos tétanisés par le rire…
A méditer.
” Une sphère rouge tri-dimensionnelle dotée d’une excroissance verte n’est rien d’autre qu’une tomate”.
Aimedéhaire, leaule.
Quelle vie de merde !
Je croyais que la phrase c’était : “Comme disait un grand shaman indien : « Une sphère métabolique rouge dotée d’une excroissance verte dont l’indice de solidité est bas ne peut être qu’une tomate ».”
Comme le souligne très justement SWPL, le must c`est quand même l`ami noir ET homosexuel… Mais que pense le bobo du noir “bounty“?
ca existe une sphere bi-dimensionnelle ?
Oh mon Dieu, en lisant ça je me rends compte que parfois je fais la noire de bobos, sauf qu’on est pas parisiens nous, et qu’on est tous étudiants…
Mais j’avoue que j’adore les débats sur les discriminations contre les noirs et les minorités en général, sur la françafrique et sur le développement de l’afrique. qd on me branche c parti pour une heure, et mes amis adorent ça, surtout qd j’ai un ptit coup dans le nez !!
Mais pour moi, je ne suis pas utilisée. je fais une oeuvre d’éducation en leur parlant, pour qu’ils sachent comment on voit les choses quand on est noir en france.
peut-être à paris est-ce différent…
sinon pour reprendre une question posée tantôt:
avez-vous déjà vu une pub avec un ou une noir qui ne soit pas ridiculisé en france sur une chaine de grande écoute ?
Oui, la pub déo stick H24 de Mennen. Le noir arrive frais comme un gardon avant le blanc à l’hôtel pour sa work conference.
Alors que le blanc, venu en taxi, est dégoulinant de sueur…
Si ça c’est pas montrer une image non-ridicule et non-caricaturale des noirs (un noir businessman? Si si c’est possible)!
Manquait plus qu’il danse le zouk avec une patte de poulet autour du cou en chantant “Ya bon Banania”!
une sphère bidimensionnelle c’est un disque
Dommage y’a de l’idée, c’est drôle, mais bordel de merde surveillez l’orthographe et le style !
Parmi les myriades de fautes j’ai noté “reclue” au lieu de “recluse”. ça doit être mon côté “bobo instit réac “;-)
ouhlala, permettez moi de refuser les lecons de style de la part d’excroissances de l’éducation nationale…
Excroissances de l’éducation nationale, c’est rude. Les hussards, il en reste, sont aussi des réactionnaires aujourd’hui.
TdB t’es un bon mon gars
on dirait du La Bruyère et ses “caractères” revu a la sauce 2008..
j’aime trés beaucoup!!!
@ bébé bobo
ziva c’était toi ?
trop bonne , je me souviens!
chodaaasse en plusse !
Très beau, j’aime beaucoup…
Hahahahahahahaha
Le bobo par-ci, le bobo par-là… Attention ami noir, on te manipule. Le seul problème, c’est que vous voyez encore le noir comme quelqu’un à materner, à qui dire comment se comporter, et quoi faire face au perfide bobo blanc qui ne pense qu’à l’utiliser comme faire-valoir pour se faire mousser. Des fois, dans un monde bizarre, on peut être ami avec des noirs, des jaunes et même pire… des gris ! Et en plus, il faut un article et des commentaires comme ça pour se rendre compte qu’on les a.
KARIM! t’a pas honte de parler comme sa! franchement!… tu sert a rien!
Ah les bobos, c’est vraiment des gens à part.
[...] Avoir un ami noir : C’est fait depuis longtemps. [...]