Les bobos aiment faire des études. Pas le collège, non. Ni le lycée d’ailleurs. Ils ne gardent jamais un très bon souvenir de ces années là, puisqu’ils sont souvent des enfants parfaits. Enfin, parfait aux yeux de leurs parents mais nuls en sport et pas drôles, donc plutôt impopulaires au contact des enfants de la masse.
En classe prépa, le bobo fait plaisir aux parents. Il est encore à la quête de son identité propre, et boue intérieurement, et attend simplement que les conditions soient réunies pour devenir celui ou celle qu’ils pensent qu’ils devraient être.
Puis vient l’école de commerce. Pourquoi le commerce, me direz vous. Car le bobo n’aime pas les sciences exactes. En effet, la rationalité et le cartésianisme commence souvent par soi, et analyser leur propre vie, leur éducation, et le comportement de leurs parents sous un angle aussi cynique risquerait de laisser des conclusions dont ils ne se relèveraient pas.
Alors le bobo veut faire de la comm’. Oui, parce que la comm’ c’est sympa. La comm’, c’est un truc de bobo. Déjà parce que pour croire que faire 12 ans de stage pour finalement décrocher un boulot payé 1600 euros net en devant bosser de 8h à 2h du mat et en se contentant de la fierté de participer à quelques soirées où la coke est distribuée gratuitement ne peut objectivement pas prendre corps dans le cerveau d’un non-bobo (surtout s’il est hétéro). Ensuite, parce que pour se tuer à la tâche et faire 3 ans de stage non-rémunéré, alors qu’on doit prendre son premier appart’ près du boulot (vues les horaires), ca ne peut arriver que quand le papa est juge d’instruction et la maman est photographe, donc pas à tout le monde.
Donc le bobo se retrouve à l’ESC. Et la, c’est la révélation. La personne qui sommeillait à l’intérieur de lui prend progressivement corps. Le visage stressé des jeunes hommes bien rasés en costard qui se présentent aux oraux d’ESC et les loques pathétiques qui en ressortent explique l’ampleur de leur mutation. Celle-ci commence dans les premières semaines, lorsqu’ils mettent leurs pieds pour la première fois au BDA. Là, trois anciens (des deuxièmes années en fait, donc des bébés de 20 ans à peine) les accueillent en les prenant de haut, leur expliquent que les choses sont établies et qu’ils sont là pour laver la merde et fermer leur gueule. Mais comme ces trois anciens ont des dreadlocks, comme ils commencent toutes leurs phrases par « carrément » et qu’ils portent des vêtements troués, le bobo se sent à l’aise. Quand on lui apprend qu’il va bosser dans le cadre de concerts de raggae, il approche de l’extase. Et quand il apprend enfin que les recettes des concerts seront refilés à une association humanitaire, il atteint précipitemment l’orgasme, ne pouvant plus se contenir devant la lumière qu’il a attendu toute sa vie : le but de son existence.
Alors il larbine avec le sourire, en grommelant de temps en temps, mais avec application. Et l’année d’après, alors que leurs dreads ont eu le temps de pousser et qu’ils ont eu le temps de délaisser le costard pour les fripes, ils sont fins prêts pour accueillir les petits nouveaux de l’ESC. Et entretenir le cercle.
Le bobo exultera ainsi durant ses trois années qu’il souhaite dix. Pourra participer à des tables rondes sur le réchauffement climatique, pourra faire des collocations avec des gens comme eux qui trient leurs déchets, pourront se désintéresser du monde et passer l’essentiel de leur vie à l’école, puisqu’il n’y à leurs yeux guère d’intérêt de quitter ce monde parfait. Le tout coulissant avec une facilité déconcertante sous les litres d’alcool ingérés. Il est l’heure de rendre à papa-maman la monnaie de leur pièce, et leur montrer, malgré les frais de scolarité de 7500 euros par an qui sont soigneusement adressés à ces derniers, de même que l’intégralité de leurs loyers et de leurs frais divers (alcool, shit, pâtes pour donner aux restos du coeur), qu’ils ne sont pas d’accord et qu’ils comptent bien le crier haut et fort.
Des années plus tard, vous pouvez croiser certains « camarades de promo » bobos. Vous les reconnaissez facilement, ils ont un visage familier mais ont pas mal changés. Ils sont bien habillés maintenant. Mais la nouveauté du tissu ne masque pas la pâleur du teint. Et pour cause, nombreuses sont vos chances de les croiser sur le quai du RER à 00h00, et qu’ils sortent tout juste du travail. Oui, ils se sont rangés, et travaillent dorénavant à la Défense, en audit. L’alcool a laissé quelques traces sur leur visage, un peu d’embonpoint, confirmé par les restaurants excissivement gras du midi. « Ouais tu sais ils m’ont filé une AMEX. C’est carrément mortel ce truc. Alors je suis au taquet sur les notes de frais quoi ! Rien qu’à midi je me suis mis bleu ». Ah, et oui, ils auront certainement gardé leur langage d’ESC.
Ne soyez pas mauvais et ne riez pas, dites vous que certains restent ancrés dans leur convictions, et prolongeront leur détermination sociale dans un « mastère environnement et associations humanitaires ».

Tellement bien vu, remplacez ESC par IEP et ça colle encore mieux !
Là tu parles plutôt des bourgeois, des minets sarkozistes. Les bobos sont plus branchés écoles d’art d’archi ou de design…
Cet article me semble à côté de la plaque. Je n’ai jamais vu autant de gens de droite libérale décomplexée que dans mon école de commerce, et je reste perplexe quant au nombre de bohèmes dans les métiers de la finance. En fait, je pense que s’il y a un milieu où les bobos sont presque inexistants, c’est bien celui-là. Après, nous avons peut-être une expérience différente. Tu as déjà vu des étudiants en école de commerce porter le keffieh ou soutenir une grève SNCF ?
Pourquoi ne pas avoir plutôt parlé des facs de psycho, d’archi ou d’Histoire de l’art ? Ou des cas où les parents croulent sous le pognon mais refusent d’envoyer leur gamin “dans le privé” (à dire avec une voix satanique) ?
Vos notes manquent un peu de rigueur. Plus haut, vous définissiez les bobos comme étant des instits à la retraite… Une définition plus probante me paraît celle que j’ai lue récemment, selon laquelle le bobo se caractérisait non dans une hypothétique essence ou milieu d’origine mais dans ses modes de consommation.
La droite libérale décomplexée n’est-elle pas l’amante préférée du bobo? Cela ne me parait pas du tout antinomique en tout cas..
Les étudiants d’école de commerce dont les parents sont riches se prennent l’étendue de leur favoritisme dans la gueule dès leur arrivée. Pour grand nombre d’entre eux, une forme de culpabilité se développe au regard de cette facilité, et une compassion teintée de pitié envers le plus pauvre, arrosée d’un intérêt artificiel pour tout ce qui est lointain se développe à la vitesse grand V. C’est la conversion de l’enfant de riche en bobo. Ou le passage très fin entre la droite libérale et la gauche bobo, vu qu’il n’y a aucun revirement idéologique dans ce changement, simplement quelques changements sociétaux.
Pour donner une image, c’est le bourgeois boutonneux mal dans sa peau avec la cravate trop serrée le jour de la rentrée qui opère sa mutation et créé une association qui organise des concerts de raggae avec entrée payante en kilos de pates pour reverser a une ONG.
Les bobos dont vous parlez sont des bobos de naissance. Sortes de bobos de 2eme génération. La prise de conscience de l’ampleur des privilèges, et sa contestation de fait ayant été fait par leur parents (souvent pdt mai 68), ils naissent déja dans cet environnement de fausse compassion, et ne cherchent meme pas à faire des écoles de commerce, par opposition pensent-ils à la société marchande. (pour à la place faire archi et construire des palais pour des milliardaires saoudiens, ou les locaux de grandes banques sur le terrain fruit de la déconstruction de logements sociaux…).
En bref, ne voyez pas le bobo comme un élément statique, jeté dans la nature. Le bobo est un ensemble libertaire teinté d’une couche de culpabilité d’où découle un paquet de spécificités. On peut donc devenir bobo à tous les moments de sa vie. Et donc, particulièrement en ESC.
Si vous estimez que l’on est bobo par une forme de fatalité déterminisme de naissance, et non par choix, pourquoi ne pas consacrer un blog aux ‘trucs de pauvres’ qui pourrait également être très drôle dès lors que l’on considère le pauvre comme résultant d’une fatalité sociale ?
Oups, je crois que j’ai été un petit peu trop complexe pour vous, tout semble vous avoir échappé.
Je tacherai d’illustrer mon propos de pipi-caca la fois prochaine.
Vous êtes bien aimable. En effet, les anthropologues de formation, dont je suis, ont un peu de mal à appréhender la complexité des phénomènes que vous décrivez magistralement. Et j’admire votre rigueur, puisque vous passez finement de l’idéologique à l’économique et au physique, enfin, en jouant avec subtilité de concepts tels que “sociétal/social”. Votre réponse à mon dernier commentaire, avec la pointe de suffisance qui sied à une personne de votre intelligence, me laisse toutefois perplexe.
Cher Floriano, je reconnais tout à fait l’idée que je me fait des “bobos” dans ce blog, et je trouve injustes vos remarques concernant l’exactitude des propos tenus içi.
Premièrement, tout le monde n’est pas “anthropologue-de-formation” (de plus, l’auteur des articles utilise une grosse dose d’humour et de caricature que vous aurez surement remarquée).
Deuxièmement, le terme bobo, comme vous avez surement pu vous en rendre compte, n’est plus utilisé au sens ou il l’était il y a quelques années (le meilleur exemple est que si vous demandez à vos amis la définition du bobo, personne ne vous répondra la même chose), mais plutôt pour définir une personne issue d’un milieu social aisé et qui n’agit pas comme les personnes de ce même milieu, préférant par exemple agir parfois en dessous de ses moyens (tickets de réductions), parfois au dessus lorsque cela sert la philosophie bobo (achat de nourriture bio), le tout étant bien enrobé de tiers-mondisme dégoulinant de bons sentiments (j’adôôôre Manu Chao).
Quelques exemples de types de bobos:
-le type “roots” (raggae, dreadlocks, joints etc etc…..)
-le type “Shlag” ou “punk” (mendicité devant les franprix, amour pour les chiens sales, Rangers au pied et blouson de cuirs dont même SDF ne voudrait pas)
-le type bobo que j’appellerais “originel” (qui aime Vincent Delerm, le Slam, la bouffe bio, la belle époque de 68, Tania Bruna-Rosso, la culture africaine à laquelle il ne comprend rien mais qui fait “cool”, et bien sur les banlieues (qu’il n’a vu qu’au 20 heures) etc etc…)
Il est à noter que souvent le bobo, bien que rejetant l’ordre établi et la société de consommation, aime pourtant les luxes et conforts qu’ils peuvent lui apporter :
Ipods, CD de booba (il écrit trop bien tu comprends !), ordinateurs protables, Grande télé plasma pour regarder Canal + et Arte.
De mon point de vue, que je viens d’exposer, et au vu de la diversité de ce qui compose de nos jours “les bobos” il ne me semble pas du tout antinomique de qualifier de bobos les jeunes des milieux aisés qui vont en école de commerce, car bien souvent ce sont des écoles pour enfants gâtés ou il suffit de payer 5000€ par an pour passer à la “classe” supérieure, car ayant en général peu travaillé au lyçée (ils étaient punk ou schlag etc etc….) il n’est pas envisageable pour eux de faire de “vraies” études.
Ce blog étant visiblement à caractère humoristique, il ne saurait à mon avis être scientifique, ni sur le sens exact du mot bobo, ni sur la description de phénomène bobo.
Bravo à l’auteur, j’adore vos articles, je les trouve hilarants et tellement justes. J’espère que vous comptez faire un article sur le lyçée autogéré de Paris (ou LAP) qui est à lui seul l’antre du mal puisque composé à 98% de bobos et 2% de gens ayant vraiment besoin des aménagements qu’offre ce lyçée. Bonne continuation !
P.S. désolé si il y a des fautes mais il est tard (ou tôt) !
Fiorano, désolé pour ma pointe d’ironie, mais mon message disait en substance “le bobo n’est pas statique, on ne nait pas bobo par fatalité sociale, on peut aussi le devenir”, et vous en avez apparemment retenu l’inverse de ce qu’il fallait en retenir.
Quant à la rigueur, comme l’a dit le dernier visiteur, je n’ai pas cette prétention. A vrai dire, j’écris ce blog pour décompresser et rigoler un peu, certes sans oublier le role déterminant que joue le bobo dans la société moderne (caution déculpabilisant le profit financier illégitime), mais avec légereté, pour s’aérer l’esprit…
D’ac. Mais pour répondre à Hadrien, l’inventaire qu’il décline (dreadlocks etc) finit par embrasser l’ensemble des gens de moins de 40 ans aujourd’hui. Je suis d’accord avec l’auteur de ce blog pour prendre en compte la culpabilité et une dose de tiers-mondisme. Je persiste à croire que c’est dans le mode de consommation (payer plus un produit Max Havelaar pour avoir la conscience tranquille, et payer plus un cookie Michel & Augustin pour rigoler entre potes) qui permettrait le mieux de circonscrire le champ d’étude – en cela, l’histoire des coupons de réduction me paraît franchement contradictoire avec ma proposition, dont je ne prétends pas d’ailleurs qu’elle est juste.
Pour le reste, votre blog s’apparente à un ensemble de private jokes, donc en effet je décroche, car je ne suis pas passé par une école de commerce et ne puis, donc, en observer que les effets et non la construction d’une psyché boboesque.
Quelle vie de merde !
la finance comme principal repère de bobos… pourquoi pas ?!?
Alors là je ne suis pas d’accord… Le bobo qui se sent coupable d’être riche et privilégié? Je ne pense pas. Un bobo qui va payer un vêtement de clochard à 2 000 € chez Dior ne le fait pas pour s’habiller comme un pauvre par culpabilité.
Au contraire, le bobo ne se sent jamais plus riche et privilégié qu’en payant une fortune pour avoir les attributs du pauvre.
Quand je vois un bobo, est-ce que je le confonds avec un clochard? Le jean destroy, délavé, tâché de peinture et déchiré est ostensiblement estampillé Diesel ou Victoria Beckham pour Rock & Republic.
Je ne définis quelque chose qu’en comparaison avec son contraire. C’est en m’habillant pauvre que je me sens riche. C’est en pleurant sur les excisées africaines que je me sens privilégiée d’être occidentale et bien née.
Le bobo ne se sent pas coupable, oh non, il exhulte quand il montre toute sa supériorité par rapport à la fange qui l’entoure, voilà pourquoi il aime s’établir dans les quartiers populaires de Paris, ou en plein 9-3 (au Raincy je précise). Il est tellement plus lumineux au milieu de l’obscurité.
Le bobo c’est le bourgeois en plus prétentieux et cynique, le bourgeois qui a besoin de se valoriser face au pauvre pour se sentir encore plus bourgeois parce qu’au milieu d’autres bourgeois il ne se sent finallement qu’un bourgeois de plus.
Le bobo n’est ni dupe, ni coupable. Il frôle l’extase en achetant son paquet de café à 20 € car il sait que le pauvre agriculteur bolivien ne touchera rien, puisque ça n’engraisse que les intermédiaires (mais en puissance 10 par rapport au café normal), sûrement des bobos eux aussi. Mais quelle jouissance quand il passe à la caisse devant les miteux qui achètent dans le bas de gamme, à qui il peut en plus faire la morale.
Par contre en effet, la définition du bobo n’est pas figée. Originellement, je pense que c’était quelques Américains bien nés et riches qui ont tout plaqué pour vivre comme des Indiens et qui ont été déshérités et reniés par leurs familles. Puis le gouvernement les a récupéré avec le mouvement hippie. Le bobo d’aujourd’hui est simplement un bourgeois qui ne se sent pas assez valorisé dans sa classe de bourgeois et qui récupère tout ce qui se rapporte aux “pauvres” pour se sentir plus riche et plus nanti.
Je pense qu’il y a même des bobos pauvres maintenant, qui n’ont pas une thune mais qui circulent en Vélib’ en écoutant Grand Corps Malade sur leur iPod relié à leur Nike et qui trient le déchets pour toucher du doigt ce que peut ressentir un vrai bobo.
Je suis de droite nationale et j’integre une “grande école de commerce” cette année .
Je n’écoute pas Manu Chao , je ne vais pas organiser de concerts de raggae cette année , et je n’achete pas de café colombien . Je ne compte pas travailler dans la comm’ et je ne compte pas prendre de coke non plus .
Suis je un bobo ?
Dans le cursus typique du bobo,on trouve également le stylisme (confectionner des sapes avec des matériaux de récup’ est pour eux l’ultime geste révolutionnaire),les beaux-arts(confectionner des “installations ” avec des matériaux de récup’ ça dénonce pas mal aussi),l’indispensable fac de cinéma (aaah David Lynch et son univers trop décalé qui ne dérange plus que les parents d’élèves de droite),l’incontournable D.U.T en animation (“travailler avec des enfants c’est trop super”),les facs de psycho(pour pouvoir “cerner la personnalité des gens, quoi”),fac de socio(idem que pour “fac de psycho”),tenir des boutiques de “jeunes créateurs” qui font aussi salon de thé et galerie d’art,monter des assos de théâtre de rue mais où “tout le monde peut venir s’exprimer avec ce qu’il veut,quoi”,les écoles de multimédia (“salut, je suis plasticien-vidéaste-scénographe”) et le soir, pour décompresser de toutes ces passionnantes activités il y a le cours de danse africaine animé par Emma-Lou ,qui connaît trop bien l’Afrique depuis les 15 jours qu’elle a passé en Côte d’Ivoire “les gens sont trop natures là bas”
“D’ac. Mais pour répondre à Hadrien, l’inventaire qu’il décline (dreadlocks etc) finit par embrasser l’ensemble des gens de moins de 40 ans”
C’est à dire qu’il y a une subtilité :
Il y a une classe de gens qu’on pourrait appeller des “boboïdes”.
Par inadvertance on tend à les mélanger.
Il ne diffèrent en rien des bobos si ce n’est par la classe sociale (papa et maman sont dans la classe moyenne).
Idéologiquement et comportementalement, c’est un clone du bobo.
Relativement protégé de la (vraie) vie, conformisme social, humanisme mal compris, tiers-mondisme naïf, “rebellitude” conventionnelle… tout ce que vous pouvez imaginer. Tout y est.
Ils sont très nombreux et leur nombre ne cesse de s’accroître.
Une bonne partie de la jeunesse (blanche) tend vers la boboïsation, idéologiquement.
Moi qui recherchais un terme pour mes “bobos pauvres”. Boboïdes. Génial. Merci Miles!
Je ne trouve rien de choquant dans l’idée du bobo en “sup de co”, même s’il est un peu noyé dans la masse néolibérale sarkozyste.
Il y a certes une grande colonie de bobos en facs de socio, psycho, archi etc. Mais une grande partie de ces bobos là ne sont bourgeois que par leurs parents et ne le resteront pas longtemps vu les débouchés de ces filières (sauf archi?).
L’enfant de bobo est parfait et a fait une prépa, s’il n’a pas tout rejeté en bloc avant.
Donc me voici, bobo à 90 ou 95%, travaillant dans l’audit comptable et financier, après être parti en Afrique pour l’asso de commerce équitable de l’ESC. Et certains copains d’ESC qui conçoivent le marketing des shampoings ont lu La Grande Désilusion.
Pour résumer : peu de gens roots de gauche en ESC ou dans la finance, mais il y en a, et ils s’inscrivent parfaitement dans les contradictions propores aux bobos.
il y a quelques personnes parmi les ESC à être issues de classes défavorisées. OK, il faut les chercher. Et ce ne sont pas elles qui sont contaminées par la bobo attitude!
il est tout à fait exact que la finance, l’audit ou encore la banque regorgent de bobos qui s’ignorent: il faut voir le nombre de personnes qui “pètent les plombs” ou qui “vont se mettre au vert”. Le stage ulime du bobo, c’est quand même d’aller s’installer dans une ferme du Massif Central. Et ce ne sont pas les pauvres qui en rêvent, eux sont trop réalistes!
Bonjour,
Autant je trouve certaines choses biens vues sur ce blog autant l’exemple école de commerce me semble trés mal choisi. J’ai moi même fait une ESC, j’en suis sorti il y a 4 ans et je bosse en audit. Voilà comme ça les choses sont dites.
En fait je suis assez d’accord avec beaucoup de commentaires qui expliquent que l’ESC c’est peut être le cursus dans lequel on trouve le plus de gens ayant un rapport trés décomplexé à l’argent. En tout cas (et forcément avec qq exceptions), la plupart des étudiants d’ESC :
- N’ont aucun sentiment de culpabilité,
- Ont d’avantage choisie ce cursus car les débouchés et SURTOUT les salaires de sortie sont attractifs (l’exemple sur le gars en agence de comm est vraiment peu représentatif),
- le côté Assoce-humanitaire-dreadlock raeggé est complément à côté de la plaque.
D’une part on trouve surtout des minets en ESC et d’autre part les étudiants d’ESC ne s’interesse vraiment pas particuliérement à l’humanitaire en particulier (et au sort d’autrui en général).
D’ailleurs il n’y a qu’à voir que dans une promo de 400 élèves, on en a que 10 qui rejoignent l’assoce humanitaire quand le double préfèrent organiser “le Gala” de l’école, ou le double encore rejoindre le BDE qui n’a comme autre objectif que d’organiser des enormes beuveries…
Pour avoir bosser dans un cabinet d’audit, je pense aussi que c’est un milieu professionnel ou les bobos sont trés minoritaires et ou globalement les gens sont là aussi plutôt de droite et entretiennent un rapport décomplexé à l’argent.
Alors evidemment, tout dépend de ce qu’on appelle un bobo et de ce que recouvre cette notion. Personnellement, je dirai que c’est qqn :
- Un peu tiermondiste mais en tout cas ayant le coeur franchement à gauche,
- Qui a le protefeuille, lui, franchement à droite (généralement, c’est eux qui considèrent qu’il faut d’avantage de social mais qui ralent sur le niveau des impôts),
- Qui adore les produits commerce equitable car ca lui donne bonne conscience, (le côté tiermondiste),
- Mais qui on fond pense surtout à se gueule et à son confort bien qu’il lise pluôt libe que le fig.
En revanche, je pense que le rapport entre “anciens” et ‘nouveaux” en ESC est plutôt bien vue dans l’article.
Bonne continuation en tout cas.
PS: Un autre point qui me parait pas compatible (peu en tout cas) entre le bobos et l’ESC :
- Le bobos selon moi connait mal le monde de l’entreprise et en a une vision diabolique. L’entreprise ne recherche qu’à faire du profit : c’est mal. (ok, je carricature un peu).
Du coup, qu’irai faire un Bobo dans une ESC?
Je pense qu’il fait plutôt les chercher en fac d’histoire de l’art, fac de lettre ou en fac de psycho. De toute facon le bobo a surement fait un bac L.
Trucs de bobo! écris par un bobo, pour des bobos!
ce site, certes drôle et bien écrit, n’est cependant que le miroir-écran de son auteur et de ses lecteurs!
vous faîtes vous chier à ce point là dans la vie? a
llez je m’emmerde déjà à vous écrire ça, donc bye!
salut,
Votre article m’a quelques peu amusé…. mais suite à sa lecture, je m’interroge sur moi même …suis je une bobo ?
Je suis d’origine étrangère ( issue de la diversité -comme ils disent ) d’un milieu plutôt modeste (mes parents sont tout de même propriétaire de leur maison) j’ai fait psycho, puis socio et enfin une esc .. celle ci qui n’était évidemment pas payé par mes parents (avec 7500 euros mon père fait vivre ma famille pendant 8mois) pourtant j’ai un rapport complètement décomplexé à l’argent
J’ai déjà fait de l’humanitaire, du soutien scolaire en banlieues ( bien que je n’ai pas grandi en banlieue) , trie mes déchets ( bon pas toujours j’avoue), trouve que manu chao écrit plutôt bien ( enfin parfois)
Pourtant je reste réaliste vis a vis de le forme de néo colonialisme qui réside dans l’idéologie tiersmondite, humanitaire et estampillé “commerce équitable ”
Alors suis je bobo ? vous qui êtes spécialisés dans “les trucs de bobo”
Si on résume, existe-t-il encore des gens qui trouvent grâce à vos yeux, ni bobos, ni minets sarkozystes ou autre?
Je tenais juste à préciser que, en dehors d’une certaine catégorie d’écoles de commerce post-bac, les jeunes bacheliers doivent quand-même se farcir deux ans de prépa avant d’intégrer ces putains d’écoles. Deux ans pour quoi? Pour assimiler un programme dans diverses matières, le vomir bien comme il faut le jour de leurs concours, et débarquer ensuite dans un univers qui donne à beaucoups d’entre eux une franche nausée…
Je ne vois pas en quoi s’orienter vers une prépa éco parce qu’à 18 ans on ne sait pas ce qu’on veut foutre de sa vie est automatiquement un signe de bobo-ïtude. Et que les choses soient claires, je ne suis pas passé par là.
[...] Ecole de commerce : Vraiment pas mon truc. Et l’entretien que j’avais passé en BTS Action Commerciale m’a laissé un souvenir amer. (voir une bande de jeunes habillés en tailleur et costume s’écrier à 19 ans ”on les a absorbés!” fait quand même froid dans le dos). [...]
“[...] en école de commerce, car bien souvent ce sont des écoles pour enfants gâtés ou il suffit de payer 5000€ par an pour passer à la “classe” supérieure, car ayant en général peu travaillé au lyçée (ils étaient punk ou schlag etc etc….) il n’est pas envisageable pour eux de faire de “vraies” études.”
Heureusement qu’il y a de la modération dans vos propos (“bien souvent”, “en général”), même si en filigrane on voit bien qu’elle n’est que de façade!
Je comprends bien l’intention humoristique de vos propos. Cependant, il me semble que les traits d’esprit les plus réussis sont ceux bien instruits. Ce qui n’est pas le cas ici. (Excusez mes rimes, c’est sans doute ce que vous appelleriez une boboïsation de mon discours…) C’est donc bien votre cynisme, à mon humble avis, qui transparaît plutôt dans vos propos.
Pour en revenir aux écoles de commerce, pourrais-je vous demander quelle est la raison sur laquelle se fonde votre généralisation? Vous avez sans doute dû tomber sur une caricature d’étudiant ESC ou, pire encore, vous reprenez des opinions dont on vous a fait part (amis, médias, ouï-dire).
En effet, de par mon expérience, le profil “type” d’un étudiant d’école de commerce que vous décrivez pourrait éventuellement s’appliquer à environ 20% des personnes d’une même promotion. Ce sont les personnes les plus “communicatives” on va dire, celles qu’on voit dans les photos de toutes les soirées sur les 3/4 années d’études qu’elles auront passées dans leur école. C’est peut-être pour cela qu’on écrirait volontier 20%=100% Vous me suivez? Car, les 80 autres diffèrent cependant grandement de votre description. Non pas des enfants gâtés, oui un crédit de quelques 20000 euros pour payer leur cursus et pour bien commencer leur vie active (…d’où la recherche par ailleurs d’un boulot bien payé…ça vous étonne?), non pas de passage automatique à l’année d’après (eh oui, les cours de dérivés de crédit, de valorisation des actifs financiers, de management stratégique, d’évaluation d’entreprise, et j’en passe des plus croustillants, ne se valident pas automatiquement…peut-être devriez-vous essayer…), oui bien travaillé au lycée, et même aimé leur lycée car oui la prépa n’est pas accessible à tous, aucun jugement de ma part par ailleurs, et oui ce sont de vraies études qui demandent d’acquérir de vraies compétences aussi bien mathématiques, analytiques, “scientifiques” donc que “humaines”, décisionnelles et créatives.
Ce ne sont donc certes pas les études les plus populaires de part leur image; on peut même en rire, comme beaucoup d’autres choses, mais non pas les discréditer comme vous le faites pour argumenter vos propos sur les soi-disant bobos.
Par ailleurs, pour enrichir votre blog, peut-être devriez-vous également penser au bobo le plus commun qui puisse exister et qu’il ne me semble pas avoir retrouvé sur ce site – dommage… Le bobo intello parisien et sa vie culturelle. Vous manquez d’inspiration?
Bien cordialement,
Veuillez m’excuser, car je viens de réaliser que je n’ai parlé que des écoles de commerce accessibles après une prépa et que j’ai donc exclu une grande partie des écoles de commerce. Ne voulant pas préjuger de ce que je ne connais pas, je ne m’engage que pour les premières.
Dans tous les cas, c’est une leçon de relativisme qui devrait être donnée ici.