
Si vous vous êtes récemment retrouvés à parler musique avec un bobo, il y a de fortes chances pour que celui ci vous ait exposé son amour du slam. Si l’on y réfléchit bien, on se dit que cette musique a surement été inventée juste pour les bobos. Tous les ingrédients sont en effet réunis pour amuser notre bobo préféré:
- Le slam reprend le concept de flow, emprunté au rap, ce qui lui donne cet aspect exotique et proche du ghetto qui fait tant fantasmer le bobo
- Le slam se pratique dans des soirées slam, hébergées la plupart du temps dans des cafés de bobo, entre Ménilmontant et Oberkampf, ou des fois rue de Lappes
- Le slam est souvent pratiqué par des “noirs gentils“, cette catégorie qui pour le bobo transcende tout être humain normalement constitué. Le noir gentil revendique d’où il vient (enfin, il vient souvent de Beaumarchais, mais exagère sur sa proximité à ses origines qu’il ne connaît toutefois pas souvent), tout en désamorçant les aspects inquiétants que les bobos craignent chez le noir lambda. On le reconnait à sa propension à sourire pour rien et à s’habiller avec les mêmes attributs que les bobos eux-mêmes. Une attitude que les “vrais” noirs n’arrivent que rarement à comprendre.
- Une scène slam présente l’ingrédient clé du bobo, celui qui est aussi précieux pour lui qu’un bon souk à Marrackech: la diversité. Pendant une même scène, le bobo va voir une multitude de caractères différents, et ca, il aime beaucoup. (notons que cette diversité de caractères sera TOUJOURS la même quelle que soit la scène slam que vous ferez).
- On retrouve ainsi: la déjantée sous coke, le gamin de moins de 13 ans, le vieil alcoolique limite SDF très souvent ancien poète raté, le poète raté tout court, le noir gentil, une racaille rentré par effraction en guise de piment, et une vieille retraitée que tout le monde va adorer.
- Le slam est musicalement très limité, ce qui le rend relativement élitiste (essentiellement parce que c’est très ennuyeux à écouter sur un album entier), un côté élitiste qui attire magnétiquement le bobo.
Ne vous étonnez donc plus si un bobo vous parle de Grand Corps Malade ou d’Abd Al Malik comme du Messie. Au contraire, devancez-les, et glissez quelques noms de slammeurs peu connus comme Nada, Tsunami ou Petit Robert. Vous ferez fondre des coeurs.

[...] les noirs gentils sont dans leur rue, dans un des bars tendance de Bastilles, pour un concours de Slam. Ils s’y réfugient en effet par dizaines, en débarquant de leur loft de Montmartre, pour y lire [...]
Il ne faut pas oublier que le slam se distingue du Rap par son articulation.
si vous n’articulez pas comme un rescapé du suicide à l’Arpic Wc, vous ne faites pas du slam
et si ça rime pas, c’est pas du Rap non-plus,
en fait si c’est ni l’un ni l’autre vous parlez selement sur un fond sonore comme nimporte qui.
Alors que les slameurs c’est des Artistes,
d’ailleurs c’est pour ça qu’ils ont un air si inspiré quand ils parlent sur le fond sonore, pardon, qu’ils slament.
Je tiens à préciser ça pour nos amis de Télérama qui souhaîtent se documenter.
mdr jamais rien lu d’aussi drôle ! Le slam a justement été créé pour montrer que la poésie ne doit pas se limiter au monde des bourgeois mais aussi au populaire, le type qui a inventé le concept était ouvrier en batiment, tu parles d’un bobo… la plupart de mes textes sont anti-bobo précisémment, et rien que dans notre scène coutumière il y a plein de métiers différents en statut… on les laisse tomber pour le partage de ses textes. C’est le principe : tout le monde a droit à la parole, même un gars inconnu dans la rue. Quand je vois tes définitions des gens “bobo” je lis plutôt les clichés qu’ont les bobos sur les gens dits “populaires” ; tu serais donc toujours un bobo sans te l’avouer ? En tout cas tu es aussi fermé d’esprit et bouffé de préjugés que le bobo moyen…
En plus tu n’as pas besoin de faire des textes élaborés, puisque tu peux raconter n’importe quoi (donc ce n’est pas élitiste… tiens mais de l’autre côté tu dis que la diversité les attire… tu te contredis) et il n’y a pas d’instruments du tout, comme il n’y a pas de costumes ni d’accessoires, j’ai personnellement toujours défini le slam comme un mouvement populaire pour la liberté d’expression(et non la poésie nécessairement), et croyez-moi étant quelqu’un qui a vécu avec des bourges élitistes et pris son indépendance rapidemment avec la ferme intention de ne pas leur ressembler, je connais les deux mondes… essayez de supporter un rassemblement de médecins, ingénieurs civils et psy, c’est à vous taper la tête contre le mur…
Si vous allez à une soirée slam(qui se déroule en général dans des cafés alternatifs, là où je suis c’est une maison de jeunes axée sur les concerts punk/ska/hard rock : très loin du monde bourge, c’est une insulte là-bas !), vous entendrez plus vite des textes de gauche, des contrenatures, du cru et de la satyre, pas du tout le cliché du bourgeois hautain qui a des actions, vote à droite, vit sa vie en mouton sans personnalité et part en vacances à tahiti s’il sait se le payer etc… à partir du moment où vous dites que les slameurs sont des gens qui viennent du bas (drogue, sdf,marginaux…) ne dites pas alors qu’ils sont bourgeois, ou bien revoyez votre définition de ce qu’est un bourgeois… deuxième contradiction.
Si vous limitez votre connaissance du slam à GCM, vous ne saurez jamais ce qu’est le slam. Parce que le “slam” version Universal, c’est du spoken word et de la déformation de sens, car même Grand Corps Malade dans ses interviews le dit “le slam sur cd c’est impossible”. Donc les bobos qui se limitent à GCM ne savent absolument rien du slam, ce sont des fashion victimes passagères…
Je me suis payée une bonne tranche de rire quand même. En Belgique, on a l’humour facile. Enfin, tout slameur par définition. Vous le verrez bien un jour, au rythme où ça se développe dans les pays de la francophonie.
PS : de tous les slameurs que je connais, seuls deux sont noirs de peau (Auguste et Kalonji), un est sdf (Phil), aucune racaille, deux à la retraite passés une fois à peine sur scène… après 2 ans de slam mensuel, je vous laisse deviner combien de slameurs j’ai déjà croisés à côté…
Oriane, le jour où yaura du slam dans des squats à punks à chiens on croira à ton com. Pour le moment c’est plutôt une tendance des bars à tartines du quai Gemap, des vernissages de galeries d’art ou de salles de spectacles à 13 € l’entrée.
J’ai souvent vu des mecs rapper dans la rue, mais jamais vu de slammeur en dehors de 4 murs entouré de bourges rotant leur petits fours. Si le slam a été créé par des prolos, il a été vite récupéré.
Il est dommage de voir dans le slam de la poésie. Les mots sont humbles et la rime pauvre. Ce qui n’en fait pas pour autant de la poésie pour le peuple !!!!
Jacques Prévert, reviens !!! (quoique Prévert soit en phase de récupération par l’ensemble des bobos qui occupent la Mairie de Paris…)
hahahahahahahaha
On n’a jamais demander à un slameur de savoir manier les rimes,
c’est juste pour se faire plaisir que slament les slameurs
Et dans tes attaques je sens dla rancœur
Tu te crois malin avec ton requisitoire
Alors que ce que tu raconte, c’est que des histoires
Alors moi le slam jle met au même titre que Prévert
Parce que chacun sa vie et son époque
Alors tes excuse j’en ai que faire
même si je sais bien que tu te moque
Moi j’aime bien les deux partie,
autant le slam que la poésie,
“Je me prends pour un poète, p’t'être un vrai, p’t'être un naze,
Je suis parmi tant d’autres un simple chercheur de phases”
Voila !
Les bobos de la RATP nous abreuvent de poésies vachement débiles: du style: il fait nuit, je ne vois rien car c’est la nuit. Ils se foutent de notre gueulle. En tout cas truc de bobos, le commentaire que tu fais est archi vrai.