Comme on commence à le voir, le bobo a un rapport particulier aux autres. S’il développe une sorte d’empathie teintée de pitié et de compassion pour les pauvres, le bobo est intransigeant dans sa volonté de scission avec son ennemi idéologique : le beauf.
Le beauf représente tout ce que le bobo n’aime pas : attachement aux valeurs de base, respect du travail manuel, vie à la campagne, spontanéité, bref modestie sociale naturelle et non surfaite. Il souhaite donc s’en éloigner à tout prix, c’est pourquoi il va s’évertuer à détester ce que le beauf adore, au premier rang se trouve le football.
Dans une discussion, vous pouvez rapidement cerner le bobo. C’est celui qui n’a pas regardé les finales de 1998 ou 2006, celui qui n’est d’ailleurs au courant d’aucune compétition internationale, qui ne connait le nom d’aucun joueur (sauf Thuram et Zidane, puisqu’on parle d’eux dans Libé’), et qui montre une fermeture d’esprit radicale, lui qui vous exhorte d’habitude à s’intéresser à tout, aux autres cultures et aux populations.
Dans le fond, un bobo se reconnait par son habilité à s’intéresser plus aux populations lointaines qu’à la sienne. Encore une fois adaptez-vous, et retenez-vous de dire que vous avez passé ce week-end pluvieux devant Canal+ Sport, à regarder Bolton-Arsenal, puis Manchester United-Newcastle, avant d’enchaîner sur Marseille-Lorient et Barcelone-Getafe. Dites plutôt qu’après vous être levés à 8heures du matin, vous avez voulu profiter de Paris vidé de ses habitants pour un petit tour en Vélib’ avec vos enfants, avant de vous rendre au marché d’Alligre pour acheter des patates douces et apprendre à votre fille comment on choisit un poisson frais. Racontez-leur également un brunch en famille, puis une balade en forêt. C’est la seule manière de passer inaperçu.

Il me semble que la description du beauf est assez simpliste, pour ne pas dire completement fausse. Le beauf tel qu’on se le représente n’est pas l’artisan ni le paysan, mais généralement un ouvrier. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauf .
Amusant, mais en y regardant de plus près, on est toujours le bobo de quelqu’un.
Bientôt, le citadin qui ira aux champignons le week-end se fera traiter de bobo. ( Putain, il ramasse des cèpes pour faire une omelette ! BOBOOOOOO ! Jetez lui des bananes commerce équitable ).
J’avoue qu’au soir de la demi finale en 2006, j’ai un peu craqué en traitant de “connards de merde” tous les gens qui me prenaient à partie alors que je circulais en vélo bourré sur le retour.
J’ai suivi France 98, à 15 ans, j’étais à fond dedans ( putain Davor Suker a marqué en demi, fait chier ! Merde ON va perdre ! )
Et puis, je me suis rendu compte du n’importe quoi.
Chirac qui prend 10 points dans les sondages grâce à sa visite dans les vestiaires en maillot.
les joueurs acclamés comme des HEROS ( alors qu’ils n’ont que donné un spectacle de qualité, ils n’ont RIEN accompli de politique ).
Zidane, Dieu vivant, représentant en bagnoles et pots de yaourt.
Les amis qui deviennent hystériques devant le poste, qui insultent les joueurs d’en face ( joueurs qui auraient pu être leurs potes ) et l’arbitre. Ils te voient comme un pisse froid car tu commences à tirer la gueule.
“Je supporte mon équipe parce que je suis Français / Marseillais / Burundais.. ” ( Même si accessoirement les joueurs de l’équipe d’en face sont plus sympas ).
D’ailleurs la nationalité, c’est un peu comme les signes astrologiques, si on y croit on se retrouve effectivement avec tout un petit packaging de qualités propres à son groupe. ( Le Bélier est dynamique, le Français est râleur… le Cancer est sensible, l’Allemand est rigide.. ).
Arbitraire quand tu nous tiens.
Il est vachement bien ce blog
Cet article me laisse perplexe… à la coupe du monde 1994, je ralais à l’école devant les piètres résultats de l’Equipe du Nigeria (avec le recul on s’est quand même fait sortir par l’équipe d’Italie). Pas de réaction.
A la coupe du monde 1998, bis repetita (remplacez Italie par Danemark). Et là stupeur. Mes camarades de classe (les filles je veux dire) comprennent ce que je dis. A la sortie de l’école c’est l’effarement : les mères de familles commentent les matchs de coupe du monde à grands renforts de coups francs, penaltys, et autres feuilles mortes (non là je rigole, je vous rassure).
Donc si le bobo déteste le foot, la bobo a, un temps du moins (en été 98), aimé le foot.
Je n’ai jamais résolu ce mystère.
Mimétisme social, ma chère loseuse. Un des principes clés de la psychologie des foules.
Oui, c’était de l’humour. Quand le foot ne sera plus beauf ni à la mode, ils se mettront à adorer. Un peu comme les bobos Etats-Uniens et le soccer.
Finalement je viens de comprendre que j’étais un bobeauf…pas évident à assumer ça.
Oui, le bobo déteste le foot et aussi le rugby. Pour lui, ceux qui regardent les grandes compet’ de foot ou de rugby n’est qu’un beauf, et oui. Une fois, j’ai même lu dans je ne sais plus quel canard l’interview d’une bobotte à la sorti d’une projection d’un film bobo: le voyage en aménir; que le foot était la base de la dictature de Salazar au portugal, n’importe quoi.
Pas d’accord! Le bobo peut aimer le foot car dans le foot en dehors d’une minorité d’imbéciles fachos pointés du doight et vivement dénoncé, les valeurs de respect et de tolérance sont beaucoup plus ancrés contrairement au rugby ou pas mal de supporters dans le sud-ouest sont des beaufs vulgaires misogynes et racistes dont certains aiment le foot mais s’intéressent plus aux grands évènements. Il suffit d’aller dans certains bars pour s’en rendre compte!
Et les récents dérapages racistes et chauvins de Laporte confirment très bien ce que je dis!
Un bo-bo peut aimer le rugby mais ça c’est rare car il n’y a pas l’équivalent humaniste de Thierry Henri, Lilian Thuram ou Zinédine Zidane tout simplement.
[...] 19, 2009 par trucsdebobo On le sait, le bobo n’aime pas beaucoup le sport. Mais le Paris-Dakar n’est pas une compétition comme les autres. Tout l’intérêt du [...]
La définition du Beauf sur Wikipedia est très bonne en tout cas. D’un certain point de vue oui le beauf peut être idéologiquement l’ennemi du bo-bo mais pas forcément. Le beauf de base s’en fout carrément de l’engagement humaniste et social du bo-bo par exemple car trop inculte! Le bo-bo répond simplement aux attaques du beauf.
Effectivement, le bobo méprise le foot, trop commercial et pas assez bon esprit.
En revanche il adore depuis peu le rugby, même s’il trouve ça ennuyeux au fond et qu’il n’y comprend pas grand-chose.
Cf. un petit bouquin de JC Michéa:
les intellectuels, le peuple, et le ballon rond
J’aime jouer au foot.
Ce que je n’aime pas c’est tout ce truc autour du foot et les sommes astronomiques que les joueurs gagnent. ce que je n’aime pas dans le foot et plus que dans le rugby c’est tout ce système de pot de vin, d’argent, c’ets vraiment malhonête.
je refuse de mettre de l’argent là où il y en a bcp et si le Beauf comem vous dites veut gaspiller ses sous en match plutôt qu’en expos ou littérature, ben qu’il le fasse…on aura plus de raison de le critiquer.
J’aime regarder un match de foot quand un ami à moi ou une amie y joue.
Le principe de patriotisme m’écoeure au plus haut point!
blog pathétique et inutile, mon cher Jean Michel.
Detester le foot ?
Bigre, serai-je bobo moi-même ?
Je ne pense pas que ce soit un critère. Je hais le sport en général et le foot en particulier et je ne suis pas bobo pour autant. En revanche, beaucoup de bobos adorent le sport – y compris le foot – pour la belle diversité qu’on y voit s’y épanouir.
A part ça, blog très marrant.