Les bobos ont souvent des manières extrêmement utiles et efficaces de porter un message contestataire. L’illustration avec le symbole bobo par excellence, Daniel Cohn Bendit:
“Et troisièmement, pour le dire dans le langage de mai 68, il faut foutre le bordel à Pékin!
C’est-à-dire que pendant les JO on saute, on court, on nage et en même temps il faut des sportifs citoyens qui disent avec des brassards, avec des foulards orange, symboles de la révolution en Ukraine, leur solidarité avec le Tibet, il faut des journalistes citoyens qui non seulement couvrent les Jeux olympiques mais aillent voir les dissidents.
L’esprit de mai (mai 68, ndlr), c’est ça. C’est de ne pas accepter ce qui est inacceptable!“
Comme le symbole qu’est Daniel Cohn-Bendit, beaucoup de bobos ont un rapport particulier à la contestation. L’expression de la contestation passe en effet beaucoup par le symbole, pour le bobo. Ainsi, il est persuadé que la puissance des symboles est un élément extremement persuasif pour défendre une cause. Il semble ainsi ne pas se rendre compte qu’un symbole peut être vu de manière totalement différente selon les conditions objectives (économico-sociales) et subjectives (affect, psychologie) du sujet qui observe. Ainsi, un sportif qui exprime un mécontentement en brandissant un foulard orange va paraître complètement ridicule et risible à la plupart des être humains (surtout à la population concernée), tandis que le bobo va lui respecter cet acte citoyen, de bravoure et de témérité sans faille. Cette spécificité bobo aide également à comprendre le rapport à certains artifices comme le Keffieh, qui constituent pour lui un acte de rébellion dont la plupart des non-bobos n’ont même pas idée.
La deuxième spécificité bobo est le rapport au monde. Le bobo a un besoin sempiternel de compassion et de se soucier des problèmes des plus pauvres. A cette cause louable, le bobo rajoute des spécificités bien à lui: ainsi, plus le peuple aura une condition évidente de victime, plus il se posera en défenseur de la liberté, quelle que soit son niveau de connaissance sur la situation locale. De la même manière, plus le peuple s’approchera d’une tribu paysanne, plus le bobo se sentira concerné. Enfin, plus la situation se passera loin de son domicile, plus le bobo décrètera l’affaire comme une situation urgente pour laquelle il faut se sacrifier (port d’un pin’s, d’une casquette, manifestation festive).
Si vous vous trouvez dans un groupe de bobos, adaptez votre comportement. Fustigez le comportement d’un gouvernement obscur et lointain (communiste si possible), et prenez la défense d’une tribu ou d’un peuple dont vous ne savez pas grand chose, à part qu’ils sont les gentils dans l’histoire (la tribu se situera idéalement en Amérique du Sud ou en Asie). Le visage du bobo passera de l’air scandalisé et révolté à l’air compatissant, et vous serez ainsi automatiquement acceptés et valorisés au sein de ce groupe.

Chose importante, le bobo ne donne jamais une pièce à un mendiant, “parce qu’il préfère donner à une association”. Seul problème, il ne donne qu’au téléthon quand il donne.
Les gens qui donnent aux assoc’ donnent aussi aux clodos…
Et oui, le bobo est expert en révolution et revendications bon teint. Il s’estime révolutionnaire alors qu’il n’est que politiquement correct et tristement conformiste.
C’est le fond de commerce du bobo. La guerre c’est mal, mais quand il s’agit de prendre vraiment position, d’aller contre le sens du vent pour la justice (ou autres nobles motifs), de dénoncer les vrais injustices et de parler des sujets de fond (ce qui n’inclue pas psalmodier la merde qu’on nous balance dans le zapping de Canal +)… oups, y a plus personne.
Singer les vrais révolutionnaires pour mieux les assassiner. Le bobo a au moins un bon point : il a lu “1984″.